2001 – 2640 : Le concert le plus long du monde. 

Dans un coin paumé d’Allemagne, des types osent le pari fou d’un concert qui dure 639 ans. 

Alors, on va commencer par vous rassurez tout de suite, ceci n’est pas un article du Gorafi, mais une information belle et bien réelle. Des Allemands complètement fous (un pléonasme quand on parle de mecs qui portent des chaussettes blanches, de sport, avec leurs claquettes et qui osent écouter des interviews de Franck Ribéry), dans une petite église d’un coin paumé du pays de Goethe, se sont lancés dans une aventure folle : celle de jouer une œuvre musicale durant 639 ans.  

A l’origine de toute cette histoire à coucher dehors avec un billet de logement (expression des années 20), se trouve un mec totalement barré : John Cage. L’homonyme patronymique de Nicolas Cage était musicologue et philosophe, quand toi tu galères avec ton partiel de macroéconomie qui approche. Après, avoir composé « 4 :33 », une « œuvre musicale » entièrement composée de… silence, il livre « Organ²/ASLSP », en 1987, morceau qui doit être joué « As Slow aS Possible », le plus lentement possible. Un défi qu’est en train de relevé le petit bled d’Halberstadt. 

Bon, ok, c’est bien beau d’être Allemand et de montrer qu’on est tellement costauds, qu’on peut jouer pendant 639 ans, mais comment on fait tonton Heinrich, hein, comment on fait ? Très simple ! C’est une affaire de calcul ! Oui, d’accord, ce n’est pas si simple que ça, mais on va tenter de vous expliquer. Déjà, la pièce musicale de Cage commence par un silence. Il a donc fallu le faire durer le plus longtemps possible. Alors, quand le 5 septembre 2003, la première note fut jouée, déjà deux ans s’étaient écoulés. Quant aux changements d’accords, celui en cours dure 7 ans et devrait se finir en 2020, par un jeu de petits sacs de sable posés sur le mécanisme des touches, pour qu’elles ne s’arrêtent pas d’être jouées. Toutefois, la précision est fondamentale, l’attention aussi pour suivre de très près la partition, bien que celle-ci se joue avec une lenteur improbable.

Si on est franc avec vous, on ne vous conseille pas d’acheter un billet pour vous rendre sur place. D’abord, parce qu’il n’y a pas grand-chose à faire dans ce bourg perdu de l’Allemagne, puis parce que 639 ans de concert, c’est forcément très… très… très… très long… Il ne faut pas s’attendre à se bousculer comme dans la fosse d’un concert de rap ou de rock, d’autant plus que le tout se passe dans une église. 

La fin de ce concert, on pourrait dire que c’est demain, mais, ici on a vraiment l’impression que « demain c’est loin ». 

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