22 jump Street (2014)

Après un premier opus très prometteur, 21 jump street (2012), Phil Lord et Chris Miller reprennent les aventures des agents infiltrés, Schmidt (Jonah Hill) et Jenko (Channing Tatum), et les plongent au sein d’un nouvel univers : après les déboires lycéens du précédent film, les voici plongés dans celui déjanté et stéréotypé de l’université américaine.

Les deux réalisateurs, forts de leurs derniers succès (Lego : thé movie (2014)), ont semblent-ils eu “carte blanche” (et non “Cate Blanchett” dixit Jenko) pour ce second volet. Ils n’hésitent pas à malmener l’idée préconçue qu’une suite doit être forcément plus “impressionnante” que le film précédent, et donc, si on suit la logique hollywoodienne, plus chère (comme si doubler le budget doublait les recettes). Si cette réflexion sur les “séquelles”, produits à la pelle par Hollywood, constitue le fond comique de 22 jump street (il s’agit volontairement de la même enquête que dans le premier film), les jeunes réalisateurs ne se fixent quant à eux plus aucune limite, et poussent leur humour régressif et absurde encore plus loin. La force du film se situe dans le rythme incroyable que les réalisateurs confèrent à leur récit. Celui-ci ne supporte, à l’évidence, plus la moindre pause (référence aux films de Michael Bay), donnant un ton euphorique au film, très drôle, mais également conscient de son époque : il est finalement à la comédie ce qu’était Scream (1996) au film d’horreur, une réflexion ironique sur son propre genre. 22 Jump street tient aussi par la performance de ses acteurs : le duo Hill/Tatum reste parfait (leur relation crypto-gay est une idée géniale et poussée à son paroxysme). Ice Cube possède quelques-unes des meilleurs répliques et séquences (cf. scène du repas en famille), de même que la plupart des acteurs secondaires (Wyatt Russell, Nick Offerman, Rob Riggle, Jillian Bell…), qui parviennent souvent à rendre chacune de leurs scènes inoubliables.

Apothéose d’un film totalement réussi, le générique de fin est, à son image, fun, ironique et absurde : entre des « caméos » imparables (Bill Hader, Anna Faris, Seth Rogen) et des “trailer/poster” improbables, le spectateur n’a qu’une seule envie, voir “la suite”.

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