Au-delà du Street Art

Me voilà de retour de l’exposition Au-delà du street art au Musée de la Poste à Paris. Appréciant  l’art urbain, j’attendais beaucoup de cette exposition.
Cependant, j’en ressors avec une grande désillusion.
Y sont représentés des grands du street art tel que Banksy, Miss. Tic et Invader. On y découvre également d’autres artistes moins connus et des pionniers de cet art. Et le tout pour une modique somme de 5€.
Toutes les œuvres exposées sont remarquables, de part les techniques utilisées lors de leur réalisation, et de part la beauté du résultat. On y voit également des vidéos où les artistes réalisent leurs œuvres et le matériel utilisé lors de la conception de celles ci.
Le premier « défaut » de cette exposition, mais qui est plutôt lié à la galerie en elle même, est l’étroitesse et l’éclairage de celle ci. Des ombres apparaissent lorsque l’on se déplace entre les œuvres. Ce « défaut » reste minime mais est quand même assez dérangeant.
Ce qui a causé ma grande désillusion, c’est lorsque je me suis rendu compte que l’art de la rue n’appartenait plus à la rue, mais aux musées et aux personnes pouvant se “l’offrir”. Je pense en tout cas que cela s’applique à ceux et ce qui était exposé là.
En faisant la queue pour acheter mes tickets, et en observant le public , je me demandais si j’étais bien au bon endroit. On y trouvait des personnes âgées, des familles avec leurs enfants, des jeunes. En bref, il y en avait pour tous les âges, du prolo au bobo.
En parcourant la galerie, j’ai croisé des personnes ne cherchant  qu’à prendre des photos des œuvres présentées, peut être juste pour dire : « j’y étais » et pour le prouver.
Mon impression première m’a renvoyé l’image d’un public présent, pour se donner la conscience d’être “in”, alors qu’en fait il était totalement indifférent aux oeuvres exposées.

Les vidéos présentant la réalisation des œuvres des artistes révèlent ma pensée :  les artistes ont les moyens matériels  pour trouver  tout ce dont ils ont besoin, du lieu à la grue, alors que, selon moi, justement, l’artiste de la rue n’est pas dans ce cas là.  Il n’est pas dans l’opulence, mais dans le besoin de chercher un nouveau terrain de créativité.

Cette vision ne s’applique pas à tous les artistes du street art, – c’est ma vision -, mais plus on avance, plus le street art va devenir « mainstream ». Ce n’est pas forcément une critique, mais je pense qu’à travers cela, il va perdre quelques unes de ses valeurs propres et ne sera plus ce qu’il était.

Après toutes ces réflexions, je me demande si le street art ne suit pas le « chemin » ordinaire,  et que finalement ce « chemin » est celui de toute nouveauté, qui est d’abord rejetée par la majorité et n’est appréciée que par une minorité, puis finit par être acceptée par la majorité et élevée au rang d’art contemporain et digne d’être exposée dans les galeries …
En tout cas, je conseille d’aller voir cette exposition.  Il faut y aller sans avoir des espoirs de liberté et de dépassement des limites pour l’art. On entre dans l’art moderne sans passer par la case indépendance et « fuck the system » que le street art représentait pour moi.

Maxence

 

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