A l’aventure Compagnons – John Lang (2014)

J’imagine que vous êtes tous déjà allés en Terre du Milieu. Les orcs, les magiciens blancs (une spécialité) et les araignées géantes ont un petit côté irrésistible. Mais êtes vous déjà allés en Terre de Fangh ? Pour ceux qui pensent que je viens d’éternuer, imaginez le monde du Seigneur des Anneaux, où tous les personnages seraient victimes d’un sort qui rend stupide, lâche et méchant. Au lieu de chants elfiques, vous serez servis par des lignes de dialogues telles que « T’as l’air aussi débile qu’un Nazgul en tongs ». D’un lyrisme enchanteur !

C’est là-bas que se niche le Donjon de Naheulbeuk. John Lang, son créateur y invite un groupe d’anti-héros dont la passion première est de gagner de l’expérience, en tuant, sans faire de distinction entre amis et ennemis. Les aventures (ou déboires) d’un ranger, d’un nain, d’une elfe, d’un ogre, d’un voleur, d’une magicienne, et d’un barbare vous sont racontés pour la première fois en 2001 en forme audio. John Lang passe ensuite au format BD, avant de se lancer dans l’aventure romanesque. La saga s’est élevée au rang de véritable phénomène culturel au sein de la culture Fantasy française. A l’aventure compagnons vient de recevoir le Prix Merlin 2014 et retrace les deux premières saisons de l’aventure audio.

L’histoire est simple : cette troupe d’aventuriers se lancent dans une quête bien au-dessus de leurs capacités, mais avec un niveau d’incompétence, de bêtise et de chance qui frise le génie. Ils s’en sortent relativement bien ! Leur mission est de récupérer une statuette cachée au fond d’un donjon, gardé par le maléfique Zangdar.

S’ils passent pour des incapables dans la terre de Fangh toute entière, ils sont brillants quand il s’agit de faire rire. John Lang crée une parodie des histoires d’aventures, et se moque des codes traditionnels de l’Héroic Fantasy. Ainsi les majestueux elfes passent leur journée à se coiffer, quand les paladins prient des dieux pour le moins étranges (Dlul le dieu de l’ennui et du sommeil a beaucoup d’adeptes). L’histoire s’inspire fortement de la culture geek, à travers des références à des jeux de rôles ou l’évidente influence de Tolkien.

En bref, entre deux Prix Littéraires plus prenants intellectuellement, reposez-vous avec un bon livre, bien écrit, hilarant, doté d’un univers très construit, et des personnages un peu idiots certes, mais surtout… Non, idiot est suffisant ! Mais après tout, Michel Audiard n’a t-il pas dit « Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière » ? Alors soyez heureux, soyez fêlés avec eux.

Pour ceux qui connaissent cette aventure, je précise que le livre contient beaucoup de nouveautés par rapport à l’histoire originelle.

Voici une vidéo de Lang qui explique ce qu’il y a de nouveau dans le roman.

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