A Stranger in the Garden : le rendez-vous en terre inconnue par Saddo

Originaire de Roumanie, le très talentueux Saddo a, dans un premier temps, fait sa formation de graphiste dans la douce ville de Cluj-Napoca (en pleine Transylvanie, mais le coin est super chouette), avant de former avec ses camarades de promotion un des premiers collectifs de Street-art roumain, il y a près de dix ans. Depuis la fin des années 2000, Saddo est passé par de multiples influences, réorientant constamment son travail suivant son inspiration : science-fiction, cartoons, bande-dessinée fantastique, Renaissance (avec Arcimboldo, Brueghel l’Ancien, Bosch etc.), mais aussi par les dessins naturalistes, la mythologie et les films contemporains. C’est par ces philtres que son travail s’est profondément complexifié. La recherche du détail des peintres flamands, l’opulence végétale d’Arcimboldo, et l’iconographie religieuse et mythologique, ont été des facteurs cruciaux pour ses derniers travaux présentés à la BC Gallery de Berlin jusqu’au 25 avril : « A Stranger in the Garden ».

En faisant une synthèse de ses inspirations et de ses anciens travaux, notamment en Street-art, Saddo nous présente des visuels centrés sur le thème de la perception de la mort dans nos sociétés. Source de multiples interprétations religieuses, la réflexion sur l’au-delà a été, et restera, au cœur de nos questionnements les plus profonds. Débattue en philosophie, observée dans les rites, et décryptée à travers les mythes, l’artiste nous montre plusieurs façons de percevoir la mort à travers son univers. Sorte d’anthropologue et d’historien, Saddo illustre ses interrogations sur le paradis, la résurrection et son rapport avec « l’après », en tentant d’interpréter les discours des grandes religions du monde, actuelles ou antiques, mais aussi à travers des cultures moins connues, comme les concepts de spiritualité amérindienne, ou sud-américaine, pour obtenir une vision d’ensemble de ce que nous proposent ces croyances en matière d’iconographie de la mort.
Utilisant la même technique de dessin et de peinture pour l’ensemble de son exposition, notre artiste roumain préféré du moment, offre à la réflexion du public un des thèmes phare de la pensée humaine, sans prosélytisme ni critique de ces rites. Il offre un voyage sans risque dans le monde toujours très coloré de la mort, à la fois belle et inévitable. Ici, il n’y a ni tristesse, ni morbidité, simplement une illustration mystique d’un monde inconnu.

Si vous êtes à Berlin en ce moment, c’est l’occasion parfaite d’aller à la rencontre d’un grand nom du graphisme européen ; et pour les autres vous pouvez le faire depuis chez vous en allant sur son site qui retrace tous ses travaux et ses expositions !

http://www.saddo.ro/ et le site de la BC Gallery.

Crédits photographiques : Saddo

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