Adieu Sidibé

Triste nouvelle en ce samedi 16 avril 2016. Le photographe malien Malick Sidibé, connu pour avoir participé au changement des idées reçues sur la beauté noire, s’est éteint. L’artiste souffrait de diabète. Retour sur l’histoire d’un homme qui a marqué le monde de la photographie.

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Il avait 81 ans. Malick Sidibé, photographe malien, est mort jeudi 14 avril des suites d’un diabète rapporte le Quotidien de l’art. Né en 1935 à Soloba, un petit village du Mali, Malick Sidibé était (et sera toujours) l’un des plus grands photographes africains. C’est en 1955 plus exactement, qu’il s’était lancé dans l’apprentissage de la photo auprès de Gérard Guillat après avoir débuté une formation en bijouterie.

Malick Sidibé a toujours porté un regard juste sur ses sujets. Loin d’adopter les mêmes lunettes que ses mentors (Seidou Keita), l’artiste était particulièrement attaché à la représentation de la jeunesse africaine, toujours bien « sapée » mais aussi insouciante. Il était « l’œil de Bamako » des années 1960/70.

Dans son studio, installé dans le quartier de Bagadadji en 1958, Malick Sidibé capturait hommes et femmes. Mais c’est sans doute sur le terrain qu’il allait le plus, afin de rendre compte de la vie culturelle et sociale de la capitale. Des soirées aux fêtes, en passant par les surprises-parties, Malick Sidibé était le seul photographe reporter à couvrir tous les événements. Il devint très vite une figure incontournable appréciée par la jeunesse, qui participa de fait à la revalorisation de la population noire et à celle de sa beauté. En 2003, Malick Sidibé reçu le Grand prix Hasselblad puis le Lion d’or à la Biennale de Venise en 2007.

Bien qu’il ne soit plus, il laisse derrière lui une immense richesse dont d’autres photographes africains s’inspirent tels que Omar Victor Diop, artiste sénégalais. Largement diffusé et reconnu dans le monde entier, le travail de Malick Sidibé nous fait autant voyager qu’il nous émerveille. On retiendra de lui son génie bien sûr, mais aussi son humour et sa sincérité photographique. « Dansez le twist » (1965), « Nuit de noël » (1963), « Avec ma vespa » (1980) ou plus récemment sa collaboration avec l’artiste Inna Modja (2015) resterons nos plus beaux souvenirs.

Crédit photo : Aurélien Gillier photographe

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