Ali, The king

L’Euro de football a finalement débuté et c’est un réel plaisir d’accueillir une compétition internationale sur notre sol. N’oublions pas que dans le même temps, à quelques milliers kilomètres, la Copa América bat son plein, mais bon il est toujours mieux de bien connaître une chose, que de s’intéresser moyennement  à plusieurs autres…

Enfin bref, vous l’aurez compris, le foot est dans la place, et ce, pendant un mois. Au-delà du ballon rond, c’est le sport en général qui est à la fête. Le mouvement a débuté avec Roland-Garros, suivi donc de l’Euro, notre Tour de France prend ensuite le relais et les JO de Rio feront office de clôture. Pour abréger, les personnes qui n’aiment pas le sport peuvent partir en vacances loin, ou ne pas plonger leur nez dans les média. 

Avant de passer en mode football, revenons un peu en arrière et parlons de l’immense champion qu’a été Mohamed Ali…

« The Greatest » a su toucher le monde avec un talent athlétique hors norme, des prises de position marquantes et une immense personnalité. Dans les 60’s rien, ni personne, ne pouvait passer à côté de la légende. Pourtant le cinéma n’a pas produit beaucoup de longs métrages sur le sujet. 

Tout de même, on peut noter deux grosses productions. La première, sobrement nommée The Greatest, a vu le jour en 1977 sous la houlette de Tom Gries (décédé peu avant la fin du tournage) et Monte Hellman. La force de ce film ce n’est pas son intrigue, ni même sa réalisation assez efficace, c’est Mohamed Ali himself. Hé oui, il ne faut pas oublier que la légende s’est adonnée à plusieurs choses dont le cinéma, mais aussi le catch ou la négociation politique. Ali a su mettre de la distance entre la fiction et la réalité pour nous livrer une belle performance, et nous prouver que son talent d’entertainer est hors norme. Néanmoins, nous allons nous attarder sur un autre film sorti 24 ans après…

Artctualite - Ali The greatest

En 2001, Michael Mann est un réalisateur en puissance qui a mis tout le monde d’accord avec des films ambitieux comme Heat et Révélations. Il décide de consacrer un biopic à Mohamed Ali, qu’il nommera simplement Ali, un titre loin des strass et paillettes caractéristiques de l’immense champion. 

Pour cela, il s’entoure de ses lieutenants Pieter Bourke et Lisa Gerrard pour la bande son. A la photographie, Mann fait appel au futur crack mexicain, Emanuel Lubezki (actuellement, il est triplement oscarisé). Enfin, le casting est ultra fourni avec la présence de la superstar en devenir Will Smith, l’inamovible Jon Voight, les seconds couteaux Jeffrey Wright et Jamie Foxx (qui raflera l’Oscar du meilleur acteur en 2005). Tout simplement, c’est un énorme pari. Malheureusement, le projet n’atteindra pas les chiffres escomptés au box-office pourtant l’œuvre présentait plusieurs points intéressants.

Ce que l’on retient surtout ici c’est que Michael Mann est un homme qui sait filmer. Optant pour des plans rapprochés et une caméra épaule, Mann arrive à capter toute la tension des combats, du personnage et de l’époque. Le réalisateur réussit à faire vivre la boxe sans tomber dans une pâle copie des classiques Raging Bull ou Rocky

L’autre point fort, c’est la performance de Will Smith. Un physique revisité, un débit de paroles rapide et furieux, de la sensibilité, Smith nous montre deux facettes d’Ali ; Le grand show-man et l’homme fragile ayant conscience de ses faiblesses (notamment en termes de fidélité amoureuse). Honnêtement, c’était peut-être l’année de Smith aux Oscars, mais l’académie en a décidé autrement en consacrant un autre acteur afro-américain, en la personne de Denzel Washington pour son interprétation dans Training Day. Evidemment, Washington est sans doute l’un des acteurs les plus talentueux des 90’s et 2000’s, mais son Oscar en 2002 reste, jusqu’à aujourd’hui, sujet à questionnements…

Ali est donc un film efficace, mais ce n’est pas un chef d’œuvre. L’intrigue souffre d’un développement inégal des personnages secondaires et des enjeux politiques. Ce simple fait tue la profondeur de l’œuvre, et fausse l’importance qu’a eue Mohamed Ali au sein des populations qu’il a touchées… On vous conseille quand même d’y jeter un coup d’œil.

Terminons notre article en parlant du fameux « The Rumble in the Jungle ». En 1974, le promoteur Don King met en place un affrontement entre le champion George Foreman et Mohamed Ali, ce dernier souhaitant reconquérir un titre qui lui a été retiré suite à son refus de participer à la guerre du Vietnam. Le combat prend place dans la ville de Kinshasa au Zaïre (actuellement République démocratique du Congo). 

L’évènement est mondialement connu et a mis en lumière plusieurs paramètres de la boxe moderne. 

Pour mieux connaître ce combat, nous vous conseillons de visionner le documentaire When We Were Kings de Leon Gast. Au cours du visionnage, le spectateur découvre l’envers du décor de ce que l’on appelle désormais le « sport entertainment ».  

Un moment plein d’informations pertinentes, et d’émotions, qui vous montrera que le sport n’a pas réellement changé en 40 ans…  

When We Were Kings décroche l’Oscar du meilleur documentaire en 1997. Une récompense qui mènera à une scène mémorable.

Après le discours de remerciement, Ali et Foreman rejoignent l’estrade côte à côte, une belle image montrant que les différences sur un ring ne sont pas éternelles et ne doivent pas polluer la vie privée. Et aussi, une poignée de main entre Mohamed Ali et Will Smith annonçant le futur film de Michael Mann. Un instant inoubliable symbolisant la grandeur de «  The Greatest » et son aura immuable face à l’usure du temps, ou à la rigidité des normes communautaires…

Les commentaires sont fermés.