Angus & Julia Stone, du bleu de la nuit à l’aube du rosé

La semaine dernière, Angus et Julia Stone étaient de passage à Paris pour soutenir le dernier album issu de leur reformation. C’est lors de son passage au Casino de Paris que les musiciens du désert australien, ont reçu un accueil fervent, chaleureux et tranquille du public parisien.

Ils ont donc attaqué par un ensemble de coeurs mélancoliques et reculés, pour enchaîner sur une suite de morceaux expérimentaux et planants, mais aussi doux, cassants et psychédéliques. Le duo a entraîné son public dans un rêve aux pointes cassées et fleurant bon le sable chaud, pour le faire danser avec les spectres holographiques des musiciens cachés par la lumière. Les fantômes de la nuit hallucinent, accompagnés par un superbe public conquis d’avance, qui porte plus qu’il ne suit. Ce sont dans des jeux noirs et cuivrés de lumière, que la formation crée son voyage bref au rythme marqué, pour naviguer dans un Rocksteady esquissé par une trompette dansante et chaloupée, maniée d’une main de maître par une Julia Stone à l’intention triste, militaire et lunaire.

Au milieu d’un ciel australien étoilé, fait de leds et d’ampoules, de bleus graves et de roses matinaux le sable chaud et le cuivre clinquant, créent l’atmosphère si particulière de la famille Stone. Jouant avec nos sentiments, la fratrie n’hésite pas à nous laisser seuls et délaissés, au milieu de la foule, libérant la juste place que méritent, le recueil et la solitude, dans nos pauvres coeurs esseulés.
C’est dans un rôle et une démarche de grande prêtresse de l’amour que Julia Stone joue entre rosés et bleutés de la lumière du spectacle, accompagnée par un Angus criant, planant et déchirant le grand bleu et le grand froid de la nuit australienne. Sa soeur revient alors vers la salle, pour exprimer avec force et grâce sa raison, par un solo langoureux et entrainant. D’une voix rauque, fushia et enfantine rappelant le crissement de la cassure, et les feux du mordant de l’amour, la belle australienne nous rappelle à nous-mêmes dans une légèreté insoupçonnable, et vogue avec son public vers une funk douce, aux accents fous et psychédéliques.

Cavalière, c’est en chevauchant sa guitare qu’elle mène l’histoire d’une aventure du désert, continuant de jouer doucement même dans les applaudissements, pour nous mener aux détours d’un espoir lyrique sans fin. C’est en noyant dans ses larmes un “I don’t wan’t to know” que la chanteuse quitte la scène, accompagnée d’un frère la protégeant de son amour vide.

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