APRES CARAVAGE

La National Gallery présentait l’exposition « Beyond Caravaggio » jusqu’au 15 Janvier.

C’est la toute première fois qu’une exposition de cette ampleur était dédiée au travail du Caravage, et surtout à l’influence qu’il a pu avoir sur les artistes au fil des siècles. L’exposition a permis de mettre en lumière le travail de ses contemporains, avec justement la trace qu’il a su laisser.

Caravage est très connu pour ses oeuvres tourmentées, voire torturées. Il peint en jouant avec la lumière, maitrise les clairs obscurs à la perfection. Ses peintures sont dramatiques, naturalistes, parfois même très brutales. Enormément d’artistes s’inspirent de ses techniques, et l’influence Caravagesque ne meurt pas au fil du temps. On retrouve les caractéristiques du Caravage chez des artistes comme Georges de La Tour, Rubens, Rembrandt et même Rubens. 

L’exposition  a autorisé la comparaison directe du ‘legs’ de Caravage sur ses contemporains, et a exposé au public des artistes tels que Manfredi, Baglione, Gentileschi et sa fille Artemisia, Valentin de Boulogne et bien d’autres. Ce qui fut intéressant c’est que l’exposition  a proposé de réfléchir sur le travail des contemporains et successeurs du Caravage ; mais elle posait ouvertement la question de la limite entre inspiration et imitation.

Les oeuvres ont été choisies avec précision, et ainsi les spectateurs ont pu comprendre, ou découvrir, les caractéristiques fortes de la peinture du Caravage. Les toiles présentées nous ont aidé à affiner notre regard, cependant, très vite on a regretté le peu d’oeuvres propres au Caravage, car quoi de mieux que de pouvoir comparer les toiles exposées directement avec les oeuvres du maître ? 

En revanche, le parcours de l’exposition était bien conçu. On débutait avec les jeunes années du peintre, les années où le Caravage a eu  la chance de bénéficier de l’aide de différents mécènes ; le parcours évoquait aussi ses deux voyages à Naples. La façon dont l’exposition a été conçue nous plongeait directement au coeur du 17eme siècle. On revivait la Renaissance Italienne, on (re)découvrait le contexte artistique, historique mais surtout religieux. Car le contexte religieux joue un rôle crucial dans l’art du Caravage. L’artiste peint le sacré et le profane, les superpose, du jamais vu pour l’époque ! Ce qui donne un souffle nouveau à la peinture biblique. Les scènes bibliques seront de plus en plus dramatiques et le peintre rendra même certains personnages laids, leur redonnant leur caractère humain avant tout. 

Les tableaux choisis ne reflètent pas complètement le style propre à chaque peintre, mais vraiment comment l’artiste reprend les principes et les concepts du Caravage. On a noté, tout de même, un petit problème d’éclairage. Les salles étaient très sombres et les lumières éclairant les oeuvres tranchaient avec l’obscurité. On reconnait tout de suite cette volonté de rappeler le clair-obscur, et, bien souvent, on se retrouve obligé d’essayer plusieurs positions, et axes, afin d’apprécier l’oeuvre dans son intégralité, ce qui est dommage. 

En résumé une exposition qui était réellement intéressante et qui a fait saisir l’influence du Caravage au fil des siècles. Bien qu’il y ait quelques aspects négatifs, on retient de l’exposition un réel plaisir pour les yeux comme pour l’esprit.

Crédit photo : Michelangelo Merisi da Caravaggio, The Taking of Christ, 1602, Oil on canvas, 133.5 x 169.5 cm. On indefinite loan to the National Gallery of Ireland from the Jesuit Community, Leeson St., Dublin who acknowledge the kind generosity of the late Dr Marie Lea-Wilson, Photo © The National Gallery of Ireland, Dublin

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