Art Élysées session 2015, à la croisée des goûts

Pour la 9ème fois consécutive, Art Élysées a réussi l’audacieux pari de créer une synergie entre les différents courants artistiques historiques et l’art contemporain. Du 22 au 26 octobre 2015, près de 75 galeries se sont regroupées sous les trois pavillons éphémères sur l’avenue des Champs-Élysées. À l’occasion des grandes foires parisiennes d’octobre, Art Élysées a su s’imposer rapidement comme un lieu de rencontres et d’échanges entre les professionnels de l’art et le grand public, et un évènement incontournable du marché de l’art mondial. Art moderne, art contemporain et mobiliser design, Art/ctualité vous dévoile ses coups de coeur de cette session 2015:

Section Design

Dans cette section où la compétition entre les galeries est rude, il serait impensable de passer à côté de la sélection de la Galerie Loft. Entre les oeuvres du sculpteur-designer Guillaume Piéchaud et celles de Philippe Hiquily notre coeur balance. Comme il est impossible de les départager, prenez le temps d’aller admirer le fauteuil Poulpe en inox poli et martelé de Guillaume Piéchaud : les lignes sont souples, l’assise est solide et il possède l’aura d’un trône mystique, rien que ça. Pour les amoureux du design, Philippe Hiquily est un incontournable, une référence en matière de sculpture. Sa Grande Table de 1967 en laiton martelé est un bijou de sensualité. Les formes presque sensuelles de l’objet attirent autant l’oeil que la couleur dorée du laiton…

Une deuxième galerie sort également du lot tant par la qualité de ses oeuvres que par sa diversité, c’est la Galerie Mikael Najjar, un pur produit du génie de l’éclectisme. Ayant fait le choix de présenter avant tout une sélection « esthétique » et non pas concentrée sur un seul mouvement artistique, Mikael Najjar et Yaelle Bounan retrouvent l’esprit du collectionneur à travers des prises de positions assumées et volontairement orientées sur la beauté et la rareté de l’objet. Wegner, Perriand, Boesen et les autres sont rassemblés dans ce projet : satisfaire la recherche d’un certain esthétisme artistique. Vu les températures du moment, il est plus que judicieux de se tourner vers les oeuvres de Viggo Boesen et ses fauteuils tout doux. C’est à peine si l’on se retient de ne pas se jeter dedans…

Section Art

Même si les incontournables de l’art moderne sont présentes (la Galerie Hurtebize et la Galerie Fleury par exemple), une ouverture notamment sur l’Asie est largement visible tout au long de ce pavillon. Ainsi le Japon est sous les couleurs de la Galerie Nichido, et la Chine dans la sélection de Françoise Livinec et Sabine Vazieux. Cette sélection opérée par l’organisation d’Art Élysées n’est pas du tout un hasard, et fait directement écho à un marché de l’art asiatique légèrement fragilisé depuis quelques mois, mais qui reste extrêmement attractif pour les galeries occidentales. Une façon bien amenée de se faire connaître auprès des collectionneurs du monde entier, de façon a maintenir les cotes assez élevées des artistes asiatiques sur les marchés.

Cette sélection « Art » reste extrêmement variée et les galeries redoublent d’efforts pour proposer chacune une unité visuelle bien spécifique. D’un coup d’oeil le spectateur identifie les Miro, les Buffet si colorés, et les Vasarely si vasareliesques, mais il voit émerger beaucoup de « nouveaux » talents, du moins une sélection d’artiste moins connus. Le meilleur exemple est celui de l’Art to Be Gallery : entre art contemporain et art urbain, nous voilà plongé dans l’univers déjanté de Valério Adami et de François Boisrond. Ces deux briscards de l’art contemporain font face à Skwak issu de la génération suivante et ses figures aussi bien dérangeantes qu’amusantes. Subtilement, les liens entre les écoles et les mouvements se font, créant une unité visuelle très abordable pour le grand public et pour les passionnés d’art contemporain, c’est ça l’âme d’Art Élysées.

Crédits et sources : Art Élysées/ Galerie Loft/Galerie Mikael Najjar/Art to Be Gallery.

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