Art Paris Art Fair 2016, l’ode aux talents 

L’APAF n’est pas la FIAC, que cela soit bien clair. Même si les deux foires brillent sous le même dôme de verre et d’acier, les éléments qui les distinguent se comptent sur les doigts de plusieurs mains. C’est que la confusion peut s’installer, surtout lorsque deux foires utilisent un bâtiment aussi particulier que le Grand Palais…Mais du coup où l’APAF s’installera-t-elle en 2019 lors des grands travaux prévus dans cet édifice ?

Alors que la majorité des personnes, gravitant autour de l’art et du marché de l’art, ne jurent que par la FIAC ou Paris Photo, l’APAF se détache du lot en s’inscrivant dans une démarche profondément jeune, dynamique, et fière d’être différente. Comme vous quoi !

Avec ses 143 galeries venues de 20 pays différents, la foire se veut euro-centrée avec des satellites africains et asiatiques, mais nous y reviendrons…Reconnaissable par ses galeries de taille moyenne, avec une certaine notoriété, sans être des mastodontes du marché de l’art, (Coucou Thaddeus Roppac), l’APAF tire sa force d’un équilibre constant, entre la présentation d’artistes mondialement connus, et des jeunes noms de la scène artistique contemporaine. Par cet équilibre, les galeries présentes à l’APAF peuvent attirer des collectionneurs rassurés, dans un premier temps, de voir figurer des noms montants de l’art contemporain, mais aussi désireux d’investir dans des oeuvres moins connues, plus abordables, ayant une cote risquant de décoller dans les prochaines années; car c’est là le rôle principal du collectionneur, parier sur l’avenir. Et une partie de cet avenir se joue dans les larges allées du Grand Palais. Loin d’être une foire exclusivement commerciale (même si c’est sa vocation première), il est possible aux visiteurs de prendre le temps de discuter avec les galeristes présents, mais aussi les artistes relativement disponibles qui n’hésitent pas à prendre quelques minutes pour parler de leur art et échanger avec le public.

Sous cette grande verrière Belle Époque, ainsi que dans les ailes Nord et Sud, le tropisme européen de l’art s’efface, peu à peu, pour laisser place à une scène artistique nettement orientée à l’Est : Hongrie, Hong Kong, Iran, Azerbaïdjan, et surtout la Corée du Sud (90 artistes exposés). Après la Chine, et Singapour en 2015, le Pays du Matin calme (comme c’est apaisant d’un coup), dévoile des techniques, des styles rarement vus en Europe. Dans la lignée de l’exposition Korea Now au Musée des Arts Décoratifs de Paris, c’est l’occasion pour le public occidental d’en apprendre un peu plus sur les artistes d’extrême orient, avec leurs préoccupations et leurs revendications. Oeuvres légères, douces, et souvent remplies de poésie, elles illustrent parfaitement le talent de la jeune scène coréenne qui propose des travaux visuellement très rafraichissants. Moon Beom ou Lee Lee-Nam sont, définitivement, des noms à retenir pour les prochaines foires et expositions d’art contemporain.

Après l’Asie, l’Afrique sera dans la ligne de mire de l’APAF pour l’an prochain. Un continent qui au fil des années attire de plus en plus l’attention du marché de l’art, et où l’art contemporain africain s’exporte avec succès dans les grandes galeries occidentales. Ce travail de prospection artistique, mené par l’équipe de l’APAF, montre la volonté de la foire de toujours plus se diversifier, et d’apporter au public parisien une véritable géographie actualisée de l’art contemporain, tout en mettant en avant l’utilisation des nouvelles technologies numériques dans l’art, et surtout un état d’esprit : celui de rapprocher les différents acteurs du marché de l’art.

Sources et crédits photographiques : Art Paris Art Fair/ Blouin Art Magazine

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