Au-delà des frontières à la galerie Imane Farès

Seul espace dédié à la scène artistique contemporaine issue d’Afrique et du Moyen-Orient à Paris, la galerie Imane Farès attire autant qu’elle intrigue. Pour y accéder, il ne faut pas avoir peur de presser le bouton « sonnez ».

Une fois à l’intérieur, on se laisse embarquer en pays étranger et, petit à petit, le lieu nous devient familier. C’est en pleine préparation de l’exposition consacrée à Sammy Baloji que Raïssa Khochman, directrice de la galerie, nous a reçus. Nous avons parlé d’Imane Farès, la fondatrice, et de son projet, attablées autour d’un thé.

Parcours

Imane Farès est diplômée d’une maitrise en administration des affaires (Business Administration). Il y a plus de quinze ans, elle a monté sa société d’import-export de matières premières à Paris, et a développé en parallèle une activité de mécénat, afin de soutenir certains artistes sénégalais.

Sauter le pas

Si Imane Farès est une véritable femme d’affaires, elle est aussi une grande passionnée d’art. Depuis toujours elle rêvait d’ouvrir sa propre galerie afin de partager sa passion. Alors quand l’opportunité s’est présentée un peu par hasard en 2010 – une galerie s’est libérée quasiment en face de chez elle – Imane Farès a sauté le pas.

À la croisée de deux mondes

Née au Sénégal et d’origine libanaise, Imane Farès a souhaité au travers de sa galerie représenter ses deux cultures. Mais plus largement encore, elle voulait offrir un espace d’expression aux artistes, aussi bien émergents qu’installés, issus d’Afrique et du Moyen-Orient.

Loin d’être portée par une visée commerciale, elle est davantage tournée vers l’échange et le partage. En choisissant de soutenir cette scène artistique contemporaine, la fondatrice de la galerie a l’ambition de renforcer les passerelles avec le monde de l’art international, et surtout, ouvre avant tout au public les portes de son univers, de sa vie. Une démarche touchante qui permet de pallier le manque de représentativité de ces artistes sur la scène française.

Artistes avec lesquels la galeriste noue des liens particuliers. « Pour chacun des artistes ça a été une rencontre » nous confie Raïssa Khochman. Imane Farès est très portée sur l’affect, c’est d’ailleurs ce qui la guide dans la sélection des artistes à exposer. De Basma Alsharif, Ali Cherri, Ninar Esber, Mohssin Harraki ou encore Eddy Kamuanga Ilunga, « les sentiments ne sont pas les mêmes mais sont toujours animés par quelque chose qui lui tient à cœur ».

Au-delà de l’aspect sentimental, Imane Farès tient, également dans sa programmation, à présenter des artistes aux pratiques multidisciplinaires et engagées. Ainsi elle développe un concept original qui dynamise le marché, et qui attire une clientèle de tous horizons. Un atout non négligeable lorsque que l’on sait que de nombreuses galeries d’art prennent racine à Paris, et qu’elles privilégient principalement la création occidentale.

Une visée pédagogique

En plus de cela, la galerie Imane Farès participe de l’éducation de son public. En effet, à chaque exposition la galerie donne lieu à la publication d’un journal, dans lequel des critiques d’art et commissaires d’expositions, reconnus, sont invités à écrire sur les artistes présentés. Roxana Azimi, Cécile Bourne-Farrell, Gilles de Bure, Julie Crenn, Nadine Descendre, N’Goné Fall, Caroline Hancock, André Jolly, Bernard Marcadé, Brigitte Ollier sont autant de noms ayant déjà participé à l’aventure.

Hors les murs

Si la galerie Imane Farès travaille donc sur le territoire français, elle tient tout autant à ouvrir ses champs des possibles, afin que les artistes qu’elle présente acquièrent une visibilité ici et à l’international. « On essaie d’ouvrir un maximum notre champ. Le travail avec les artistes ne se fait pas uniquement dans la galerie. Il y a aussi un gros travail à l’extérieur. Par exemple pour le nouvel accrochage dédié à Sammy Baloji à la galerie, il y aura quasiment en simultané une exposition personnelle à Bruxelles. De même Ali Cherri fera un solo show au musée Sursock au Liban » nous précise Raïssa Khochman. Un travail de fond qui semble nécessaire lorsque l’on présente des artistes issus d’une scène étrangère. L’objectif est, en tout cas, clair : ne pas être enfermé par des notions géographiques ou politiques. Raïssa Khochman met d’ailleurs en garde « on ne définit pas un travail par rapport à l’origine de l’artiste ».

L’Art, un amour de toujours

Avant d’ouvrir sa galerie aux artistes, Imane Farès a commencé à collectionner des œuvres, de toutes sortes, pour elle-même. Aujourd’hui, avec trois à quatre expositions par an et des participations à des foires (Art Dubai, Art Brussels), elle réalise un rêve de longue date. Oserez-vous y prendre part ?

Informations pratiques
Galerie Imane Farès
41 Rue Mazarine, 75006 Paris
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Site internet

Crédit photo : Galerie Imane Farès

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