Aujourd’hui, nous vous présentons deux jeunes street-artistes-décorateurs : Noty & Aroz. Leur passion : transformer votre maison en oeuvre d’art !

Présentez-vous rapidement, qui êtes vous ? Comment sont venus les noms de Noty et Aroz ?

Noty: Avec Aroz, on se connaît depuis l’école primaire. Au collège, on était à côté en cours d’espagnol. On passait notre temps à dessiner. Aujourd’hui, on a des lacunes en espagnol, mais on est pas trop mauvais en dessin !
« Noty » ? C’était à 13 ans, j’étais parti en Angleterre, j’avais eu ce surnom car j’étais taquin avec les membres de ma famille d’accueil. Ils m’ont nommé « Naughty Boy », le vilain. C’est resté. *rire*
Aroz: Moi, c’est parce que « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le blase ». Ok, j’ai mis du temps à trouver cette réplique pour justifier mon nom. *rire*

 

Comment avez-vous démarré ce projet artistique ?

Noty: On est devenu très bons amis, je pense que la période décisive a été celle du « Silo ». On visitait les chantiers la nuit et les week-ends car on vit en banlieue (à coté de Saint Quentin en Yvelines). Un jour, on a découvert une pièce dans une ferme abandonnée, c’était difficile d’accès et on en a fait notre squat. On a passé 6 mois à faire des encombrants, à tout refaire … c’est comme ça qu’on a commencé avec la peinture. On s’est inspiré de notre culture pop des années 90/2000, on s’est fait la main avec des pochoirs. Malheureusement, un jour, le squat s’est fait détruire … du coup, ça nous a fait sortir et on a commencé à faire des affiches dans la rue.
On se considère comme street artistes car on utilise les mêmes procédés. On vient de cet environnement.
Mais actuellement, nous nous considérons plus comme artistes décorateurs.C’est notre société qui veut cela: quand on regarde le cinéma, ou encore le monde de la musique, on est dans un éclectisme permanent, donc la catégorisation ne veut plus dire grand chose.
Aroz: On a pas la prétention de se revendiquer d’un genre, on laisse ça aux autres.

 

Est-ce que les débuts ont été difficiles ? Ca ne doit pas être simple de tout mettre en place …

Aroz: Au contraire, au début c’était tellement simple ! On faisait de la peinture pour nous. On essayait de faire un maximum de représentations, pour, par la suite, avoir des projets aboutis à montrer. On voulait se former et aussi montrer de quoi on était capable. On faisait du pochoir et de l’aquarelle, on trouvait que ça rendait bien. Nous ne voulions pas vendre nos œuvres car au début on faisait ça pour les offrir ou garder.

 

Comment est venue l’idée d’utiliser les pochoirs ? Et de faire des reproductions d’icônes de la musique ?

Aroz: Pour parler du pochoir, on était attiré par la technique car on avait une précision qu’on ne pouvait pas atteindre avec une bombe de peinture. Cette précision, on en avait envie car c’était aussi « un gage de qualité »: cela permet de faire quelque chose de précis, qui se démarque des graffeurs et street artistes qui utilisent la bombe comme leur seul outil. On n’avait pas besoin d’être à 15 mètres pour avoir la précision et se rendre compte que c’était une Nina Simone.

Noty: Le rendu du pochoir est atypique, il y a un coté graphique qu’on apprécie. Entre un dessin au pochoir et un à la peinture, on n’a pas le même rendu.. Et puis, l’avantage, c’est que la technique est réutilisable.
Cela nous permet de proposer des toiles à des prix abordables. Car finalement c’est ça le street-art, c’est un art de tout le monde, POUR tout le monde. Il faut que l’art soit accessible. Nous prenons plus de plaisir quand on voit que des étudiants peuvent s’offrir une de nos oeuvres.

Par exemple, nous avons fait un Murdoc, un des membres des Gorillaz, et il est génial. Nous préférons représenter Hendrix, une icône des sixties, avec des dents de vampire, que machin truc dans Twilight. *rire*
On avait envie de transposer un code dans une autre époque … mais finalement, ce n’est pas ce que l’on aime le plus.
Pour résumer, nous essayons juste de véhiculer un message. Ce n’est donc pas forcement ce qu’il y a de plus intéressant : si je compare au Bob Marley simple que l’on a fait, je le trouve moins intéressant que ce Hendrix à dents de vampire.

 

Quelle est pour vous votre oeuvre préférée dans vos créations ?

Aroz: Moi c’est le totem Chewbacca / Curtis Mayfield: il y a une partie des techniques que nous utilisons maintenant. Et puis, le format est cool car il est différent, et le fait qu’il soit encadré, cela donne un super rendu.

Noty: C’est vrai qu’il y a un patchwork culturel intéressant, on a un concentré de musique (soul), de film (Star Wars) et il y a même un coté Hipster (avec le cerf).

Aroz: Même si ce n’est pas la toile où nous avons eu les meilleurs retours c’est ma préférée. Peut être parce qu’au moment où on l’a faite, ce n’était pas pour nous faire connaitre mais pour nous faire kiffer.

Noty: Moi je n’ai pas de préférée, car elles se démarquent les unes des autres: je peux en préférer une pour sa couleur, ou une autre pour sa technique… Mais peut être que dans le fond c’est le « Toy Club »: c’est un mélange entre « Toy’s Story » et « Fight Club », deux beaux hommages. Ce sont deux éléments de la culture des années 90/2000, qui peuvent se retranscrire maintenant. J’adore cette référence à la scène de Fight Club où Brad Pitt va cramer la main de Norton à l’acide, sauf que la nous avons mélangé les jouets et le savon: Buzz l’éclair en perd son bras ! Au niveau de la technique, Il y a les codes de la BD … il y a beaucoup de choses en fait et c’est ce que j’aime.

 

Si vous deviez citer une ou plusieurs sources d’inspirations, qui citeriez-vous ?

Aroz: Ce ne sont pas vraiment les artistes qui m’ont donné envie de devenir « artiste décorateur », c’était plutôt grâce au « graffiti art magasine. »
Noty: Nous n’avons pas vraiment une influence qui vient de la peinture. Nous n’avons pas une grosse culture artistique. *rire*
Dans un premier temps, on a improvisé et appris sur le tas. On a développé des techniques qui nous sont propres: par exemple, nous peignons avec nos « bubble spray » (bouteilles de soda modifiées) ou encore des mélange d’aquarelle et de café …

 

Mais ces techniques du « pointillisme , par exemple, sonnent clairement pop-art et peuvent faire penser à du Liechtenstein avec ses « Points Benday »

Noty: C’est vrai, d’ailleurs j’étais tombé sur un documentaire sur Liechtenstein, ça m’a inspiré et donné envie de continuer dans cette voie, même si on continue de tester tout et n’importe quoi. Après, on va pas se mentir, nous avons été influencés par les pop artistes, mais également par le cinéma, la BD, internet, etc…

 

Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Et quels sont vos projets ? J’ai vu que vous aviez enfin mise en place un book et qu’un site internet venait d’être lancé …

Noty: Personnellement, je suis un jeune scénariste, et tout se passe pas trop mal, on va voir où ca se dirige. Mais j’aimerais avoir quelque jours pour Noty & Aroz et des jours pour le cinéma. On aime faire quelque chose d’abordable et qui plait à beaucoup de monde: notre but c’est de faire de la peinture chez les gens et de se faire plaisir.
Quand tu es heureux de te lever le matin pour un projet dans la journée, ça n’a pas de prix … Je pense que notre démarche va changer si une autre clientèle s’intéressait à notre travail.

Actuellement, nous avons un projet avec une boite d’informatique qui souhaite réaménager ses locaux: nous allons faire des open spaces pour que le lieu de vie soit plus agréable. On va d’ailleurs peut être s’influencer de la culture Geek. Mais d’abord, on va peut être faire « un appel à idée » de la part des employés pour savoir ce qu’ils voudront dans leur locaux.

Aroz: Pour moi, mon projet ce n’est pas forcément de pouvoir en vivre, mais de continuer à le faire en tant que passion, donc il ne faut pas que cela soit trop contraignant, on veut trouver de nouvelles techniques. Nous ne voulons pas faire des toiles pour être cotés, notre démarche est différente, ça serait plutôt de partager notre passion pour la peinture.

Noty: Nous ne sommes pas vraiment là pour nous faire de l’argent, mais on veut vraiment faire partager nos émotions et nos passions … par exemple, on a fait deux pochoirs pour les propriétaires d’un nouveau restaurant qui les représentaient: le père et le fils adulte. Ils étaient tellement ému à la finalisation, que pour nous cela valait tout l’or du monde.

Aroz: Une dernière remarque, nous n’avons pas assez de gratitude du public féminin. *rire*
Noty: Putain, t’es con ! ma meuf va me défoncer …. *rire*

 

N’hésitez pas à contacter ces deux jeunes artistes, ils sont passionnés et s’adaptent aux bourses de chacun. N’oubliez pas: l’art est accessible à tous, et ça n’a pas de prix !

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Noty & Aroz

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