Banksy bombarde Gaza

 

« – Salut !
– Eh ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? Ça fait un bail ! Tu vas bien ?
– Bah écoute, tranquillement, et toi ?
– Ouais ! Je suis pressé, je file. On se prend un verre bientôt ! »

En fait, c’est toujours un peu comme ça avec Banksy. Toujours comme avec un vieux pote que tu croises, avec plaisir, par hasard, au coin d’une rue, alors que tu marches en hâte vers la soirée où tes amis t’attendent. Sauf qu’avec le gaillard, l’histoire ne se passe pas à l’échelle de la ville, mais à l’échelle du monde. De Londres à New York, en passant par l’enfer de Gaza.

Toujours très ironique et avec un regard acide sur le monde occidental, le Pape du Street art a posté la semaine dernière, une vidéo ventant une nouvelle destination « touristique ». Mais, c’est en plein cœur de Gaza que le britannique nous emmène, dans ce lieu que « les habitants aiment tellement […] qu’ils ne le quittent jamais […] car ils n’en ont pas l’autorisation.» Jamais montré à l’image de manière nette, Banksy traverse notamment, dans cette vidéo, les dangereux (et illégaux) tunnels reliant Gaza à l’Egypte, rencontrant des enfants palestiniens, croisant des soldats israéliens. Peindre là-bas, c’est faire écho à son œuvre peinte sur le barrage séparant Israël de la Palestine, en 2005.

Cette fois, l’artiste sans visage a offert au peuple de Gaza quatre œuvres d’un symbolisme émouvant, et au message toujours aussi percutant, comme le montrent ces quelques lignes peintes sur un mur : « Si on se lave les mains du conflit entre puissants et faibles, on se rallie aux puissants. On ne reste pas neutre.» (en anglais dans le texte). On trouve également un chat qui semble jouer avec une pelote de fil de fer. Oui, aujourd’hui les chats, pour ne pas dire les “Lol cats” font plus parler, plus de “buzz” que le drame de Gaza. Bansky lui-même le pense : « Je voulais attirer l’attention des gens sur la destruction de Gaza en postant des photos sur mon site internet – mais sur internet, les gens ne regardent que des photos de chatons. » Humour noir ou triste ironie, le Street artiste a également peint une balançoire pour enfant, tel un carrousel, dont le pilier central est une tour de surveillance…
Enfin, on finira par évoquer la sublime représentation de Niobé, cette figure mythologique, transformée en pierre, par un Zeus pris de pitié pour la fille de Tantale, qui ne cessait de pleurer la mort de ses enfants, tués par la déesse Léto.

Vous nous remercierez plus tard pour le cours de mythologie, en attendant, n’hésitez pas à regarder la vidéo signée par la star des arts urbains et surtout, quand la vue des photos des œuvres vous aura mis une claque, tendez l’autre joue.

 

Crédits photos : Banksy à Gaza – les inrocks / Banksy Chat Photo DR – Libération / Banksy Niobé – Grazia.fr / Banksy REUTERS-Suhaib Salem

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