Bilan du Festival du Film Coréen à Paris (2015) 

Comme chaque année, cette nouvelle édition du festival devait donner une première température, du moins une idée, de l’état actuel du cinéma coréen. La section « Paysage » véritable baromètre du cinéma contemporain, était l’occasion de visionner des œuvres totalement inédites (et qui, hélas, le resteront probablement). La grande force du cinéma coréen a toujours été sa capacité à manier les images archétypales des différents genres cinématographiques avec une certaine liberté, voire irrévérence ; une faculté à s’affranchir des limites imposées et des conventions véhiculées par d’autres industries cinématographiques (Hollywood, France, Chine, Hong-Kong…). Au-delà de l’association quasi systématique des genres, le cinéma mainstream et indépendant coréen mélange également les émotions comme aucun autre cinéma (européen ou américain) n’est en mesure de le faire, trop normalisé et formaté par des critères plus commerciaux qu’artistiques. Les programmateurs du festival (un grand merci à David Tredler et sa jeune équipe) ont sélectionné – parmi plus d’une centaine de films visionnés durant l’année écoulée – 17 longs-métrages [1] qui dessinent un portrait significatif du cinéma coréen actuel. Il y a dans ce cinéma des récurrences thématiques essentielles. Par exemple, on retrouve généralement l’opposition entre l’univers « rural-traditionnel » et le monde « moderne-urbain » (Cart, Miryang Arigang, Alive, Gi-Hwa…), figurée par la lutte sociale entre les classes pauvres (précarité de l’emploi), et les classes riches (le monde clinquant du show-business et des élites professionnelles sont régulièrement pointés du doigt). On remarque également des influences cinématographies de plus en plus marquées : japonaises (le cinéma indépendant de Kyoshi Kurosawa, Naomi Kawase, Kore-Eda Hirokazu), françaises (l’éternel Jean-Pierre Melville à qui le cinéma asiatique doit énormément), italiennes (le western spaghetti de Sergio Leone), américaines (Quentin Tarantino) et bien sûr coréennes (les têtes de gondoles du cinéma d’auteur que sont Hong Sang-soo, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong…). Elles sont ainsi toutes représentées, dans la majorité des films élus pour ce festival. On notera aussi la très bonne tenue des sélections parallèles (« Focus » : comédies romantiques ; « Classiques » : comédies musicales…), avec des œuvres généralement légères, mais au traitement toujours aussi singulier (Watcha wearin’ de BYUN Sung-hyun, How to use guys with secret tips de LEE Won-seok, Someone Special de JANG Jin, Hyperbolae of youth de HAN Hyung-no…).

Parmi les œuvres les plus surprenantes et enthousiasmantes de cette dixième édition, cinq ont particulièrement retenu notre attention : A Midsummer’s fantasia de JANG Kun-jae, Gi-Hwa de MOON Jeong-yun, Alice in earnestland de AHN Gooc-jin, Twenty de LEE Byeong-heon et Alive de PARK Jung-bum. Cinq films extrêmement différents – la diversité étant une des forces du festival – même si, à première vue, A Midsummer’s fantasia et Gi-Hwa possèdent quelques traits communs. En effet, la principale qualité de ces deux films s’avère être leur rythme ; une narration toute en retenue, et dont les enjeux dramatiques (mineurs ou profonds) naissent au fur et à mesure de l’aventure humaine. A Midsummer’s fantasia ressemble beaucoup au cinéma du maître coréen HONG Sang-soo ; le film alternant de sempiternelles discussions anecdotiques autour d’une table (en train de boire et/ou de manger), et dans les rues de Gojo (petite ville japonaise), flânant, à l’image de ses personnages, au gré des rencontres. Réflexion sur la création artistique, le film est conçu en deux parties distinctes : une première, en noir et blanc, proche du documentaire qui retrace le parcours d’un réalisateur coréen en train de recueillir des informations, et des idées, lors d’un repérage à Gojo. Et une seconde partie en couleur qui répond à la première, transposant la pensée imaginative du cinéaste dont le film prend soudainement vie à l’écran. Il est rare de voir au cinéma des films qui mettent autant en avant la création cinématographique dans son processus mécanique et imaginatif : les anecdotes recueillies servent ainsi de fond mythologique à l’imagination poétique du cinéaste. Celui-ci magnifie alors les paysages de la région, tout en donnant une portée romanesque aux deux personnages fictifs : une romance pudique et délicate entre un japonais et une coréenne de passage à Gojo.

A l’image de A Midsummer’s fantasiaGi-Hwa a des allures de « road-movie » métaphysique (le cinéaste cite Andrei Tarkovski et LEE Chang-dong comme principales sources d’influences). Porté par des comédiens géniaux, à la fois drôles et touchants, le film semble, à première vue, avoir l’écriture aseptisée des « feel good movie » américains (les films Sundance), où l’on suit le périple (initiatique ou rédempteur) de trois protagonistes complètement atypiques, qui doit les amener dans le village de leur enfance : un père malade et son fils de 20 ans, tout juste sorti de prison, accompagnés d’un troisième larron, un ami du père. A la fois bucolique et mélancolique, ce voyage introspectif dévoile progressivement des enjeux bien plus profonds et sensibles qu’il ne le laissait présager : une relation père-fils refoulée ; comment faire face à la maladie ; une amitié conflictuelle. Récit métaphysique sur l’aspect éphémère de la vie (le train qui passe dans le village, la mort qui surgit, l’évaporation des choses…), détaché du matérialisme ambiant (aucun objet électronique dans le film !), Gi-Hwa est une œuvre pleine d’humanité, où les personnages transpirent d’un naturel envoûtant, bien que parfois déchirant. Une œuvre à la portée universelle, où la vie des sentiments devrait trouver un écho puissant en chacun de nous.

Alice in earnestland d’AHN Gooc-jin ressemble à une sorte de conte loufoque que n’aurait pas renié un certain Marc Caro (La cité des enfants perdus), voire même Guillermo Del Toro (Le labyrinthe de Pan). Doté d’une mise en scène léchée (couleurs chatoyantes, décors cartoonesques, cadrages façon « manga ») et d’un scénario malin (une fille prend en otage sa psy pour lui conter ses malheurs), le film possède un rythme virevoltant d’une efficacité redoutable (chapitré comme un livre dont on tournerait les pages). Conte macabre à la dimension satirique (le surmenage des travailleurs coréens peut être visiblement dangereux), le film manie l’humour absurde (les deux policiers, la malchance du mari), et une violence libératrice, hautement jubilatoire, car totalement surréaliste. Esthétiquement lumineuse, remplie d’idées saugrenues plutôt réussies, Alice in earnestland est la parfaite petite série B. Généreuse, bien faite et surtout moins inoffensive qu’elle n’y paraît, elle saura largement contentée les amateurs du genre.

Twenty de LEE Byeong-heon est l’archétype de la comédie graveleuse, racoleuse et totalement régressive comme l’Amérique nous en offre parfois (American Pie, Sex Academy, Very Bad Trip, Projet X…). Sans atteindre certains chefs d’œuvre de la comédie américaine contemporaine (Superbad de Greg Mottola), le film possède assez de qualités pour se laisser tenter : les trois comédiens principaux sont formidables ; les scènes de comédie sont souvent inspirées et drôles ; présence de plusieurs formes d’humour (la vanne héritée du stand-up, les situations burlesques et absurdes, les références culturelles…) ; utilisation très drôle de la voix-off ; parodie amusante des stéréotypes propres à la « bromance » et au film d’action. Et si, visuellement, le film affiche ses limites (une esthétique publicitaire sans âme) et que les scènes intimes, où l’on demande au cinéaste de faire preuve de sensibilité, sont globalement ratées (les personnages féminins sont niais et sans saveurs), Twenty reste néanmoins un « teen-movie » efficace, et suffisamment divertissant pour combler l’adolescent qui sommeille en chacun de nous.

Alive de PARK Jung-bum aurait pu être l’œuvre phare de cette édition. Visuellement splendide (travail magnifique sur la lumière et sur les paysages montagneux et enneigés), d’une durée indécente (2H45), porté par des acteurs performants (travail sur leurs corps, l’animalité et la folie humaine), et doté d’un discours violent contre la société et ses inégalités (la crise économique), mais également capable de transcender les styles (un réalisme bluffant face à un naturalisme désarmant), et d’obtenir ainsi un sous-texte philosophique sur le sens de la vie, Alive avait clairement de beaux arguments à faire valoir. Mais aussi beau et ambitieux qu’il peut l’être, le film ne parvient que trop rarement à insuffler une dimension lyrique, naturelle et sincère, qui ne découle pas d’effets préparés par l’instrumentalisation d’une mise en scène bien trop tapageuse et à la symbolique forcée, pour ne pas voir cachée derrière, l’intention consciente d’un cinéaste, qui détruit peu à peu sa vision pour une morale tendancieuse. Très critique à l’égard de tout le monde (les riches, les pauvres, le Gouvernement, la religion, les hommes, les femmes, les fous, les handicapés), le film a beau multiplier les métaphores (celles des oiseaux et de leur cage, des portes fermées, des fenêtres ouvertes), ainsi que les plans virtuoses (de magnifiques plans séquences), il reste d’une froideur et d’un nihilisme irrespirables. Alive assume et inflige son programme déprimant au spectateur, celui d’un monde sombre, hostile et inhumain, sans lui laisser la moindre chance de s’en sortir (ou plus grave, de penser autrement et part lui-même).

Parmi les œuvres les plus attendues (Veteran, The Shameless, Asssassination, Island, My Dictator), certaines ont finalement déçu. Le film d’ouverture, Vétéran de RYOO Seung-wan énorme succès en Corée, est une sympathique comédie d’action. Virtuose dans le maniement de la comédie (souvent absurde et burlesque) dans des scènes d’action spectaculaires, le film possède un aspect cartoonesque désopilant porté par des comédiens très en forme. Egalement très influencé par le cinéma occidental (Quentin Tarantino, Edgar Wright, The Green Hornet, Jack Reacher, L’arme fatale…), le film montre néanmoins quelques limites visuelles et scénaristiques : on ne retrouve plus la folie et l’irrévérence qui étaient le lot des grands films de genre coréens des années 2000 (Memories of murders de BONG Joon-ho, The Chaser de NA Hong-jin). Le film s’essouffle lentement (malgré un final explosif), et ne parvient pas à maintenir le même degré d’exigence dans ses scènes de « pauses » (la critique des inégalités « riche-pauvre » est forcément simpliste), que dans ses scènes « d’action » : l’enquête policière apparaît très vite mollassonne et redondante. Doté d’une esthétique publicitaire à la mode, Veteran manque globalement de personnalité. Trop facile et trop convenu dans l’ensemble, il n’assume visiblement pas son statut de série B boursoufflée (le scénario se veut plus malin qu’il ne l’est réellement). Le film aurait d’ailleurs gagné à jouer la carte de l’absurde à l’excès, de l’overdose visuelle, de la caricature à l’extrême (degré zéro de psychologie pour les personnages), devenant ainsi un pur objet iconoclaste, plus à même de marquer les esprits.

Produit par PARK Chang-wook, le film policier, The Shameless de OH Seung-uk, a les mêmes défauts qu’Alive : un nihilisme qui ferait fuir un dépressif. Grandement influencé par Jean-Pierre Melville (Le samouraï), le film est visuellement beau (atmosphère oppressante, décor épuré, acteurs charismatiques, lumière contrastée et nébuleuse, excellente musique), mais, à force de vouloir rechercher la confusion dans cette frontière entre les flics et les voyous, qui s’avère évidemment de plus en plus fine, la narration se perd en digressions inutiles : la mécanique scénaristique se fait alors trop sentir, et le monde chaotique aux ramifications complexes, que tente maladroitement de dépeindre le cinéaste, finit par devenir illisible pour le spectateur. Si le talent du cinéaste n’est pas remis en cause, et certaines séquences sont là pour en attester (toutes les scènes avec le personnage recherché sont brillantes), ce film noir affiche trop ostensiblement ses influences ainsi que ses lubies d’œuvre pessimiste – une posture d’indigné qui laisse parfois songeur – et qui semblent être devenues une des deux normes du cinéma de genre d’aujourd’hui avec l’ironie en tout genre.

Si Assassination de CHOI Dong-hoon n’est pas ce que l’on peut appeler un mauvais film d’action – il parvient à susciter de l’intérêt par sa dimension romanesque (grande fresque historique avec beaucoup de décors grandioses et de personnages plus sympathiques les uns des autres) – il doit néanmoins sa principale qualité à l’écriture de ce personnage ambigu de YEOM Seok-jin (interprété par l’excellent JUNG-jae Lee, déjà vu dans The Housemaid de IM Sang-soo), véritable pièce maîtresse d’une œuvre qui reste divertissante à défauts d’être originale. Comme le dernier Tsui Hark (La bataille de la montagne du Tigre), le film a des tendances nationalistes un peu surfaites, décrivant les japonais comme des monstres sanguinaires et lâches, sans jamais chercher à inverser la tendance avec un personnage un peu moins caricatural.

Le film fantastique Island de PARK Jin-seong possède quant à lui des qualités indéniables : une ambiance mystérieuse véhiculée par des décors (la maison hantée) et des paysages splendides (l’île) ; un noir et blanc qui apporte à la fois une dimension mélancolique (et non horrifique), voire funèbre (disparitions et apparitions des morts), ainsi que des fantômes qui, comme chez Kyoshi Kurosawa, ne sont plus des figures d’épouvante, mais bien des êtres humains en quête de rédemption. Le film entre davantage dans la catégorie du drame familial que du film proprement fantastique. Mais à force de jouer sur la contemplation des lieux, et sur un rythme d’une lenteur exténuante, soulignant chacun des gestes et des regards, le film a tendance à figer ses figures, dès lors abstraites et purement plastiques, dans un temps qui n’a plus rien de vivant. D’une tristesse immense, le film finit d’assommer le spectateur avec un traitement visuel d’une lourdeur presque dérangeante. On n’est alors loin de la légèreté enchanteresse des films de Kurosawa.

Sorte de biopic à l’américaine, My Dictator de LEE Hae-joon est une œuvre totalement déséquilibrée.  Une première partie dans les années 1970, où l’on suit un acteur de théâtre, raté, qui se voit proposer par le gouvernement le rôle de doublure de KIM Il-sung, dictateur de la Corée du Nord, pour un futur sommet politique entre les deux présidents coréens. Et une seconde partie dans les années 1990, où l’on suit le fils de cet acteur essayer de rembourser ses dettes par l’intermédiaire de son père (il aurait encore en sa position un objet précieux de grande valeur), devenu complètement fou, car resté dans la peau du personnage depuis tout ce temps. La première partie est enlevée et plutôt plaisante : on s’attache aux différents personnages, et le spectateur a du plaisir à suivre leurs mésaventures et leur évolution (les scènes d’apprentissage du rôle sont drôles et tristes à la fois, ce qui n’est jamais facile). Tandis que la seconde partie est un ramassis de clichés sur les relations refoulées entre père-fils (avec un final mielleux à souhait). Plus pathétique et beaucoup moins drôle, cette seconde partie frise le ridicule et annihile, totalement, la légèreté enthousiasmante de la première.

Parmi les véritables déceptions de cette édition, on retrouve le documentaire Miryang Arigang (pas aidé par une projection catastrophique) de PARK Bae-il, Cart de la réalisatrice BOO Ji-young, ainsi que le Socialphobia de HONG Seok-jae. Premier film de la section « Paysage » diffusé, le documentaire de PARK Bae-il dresse le portrait d’un petit village coréen (Miryang) où l’on suit les habitants dans une lutte contre les instances gouvernementales (police, compagnie d’électricité), prenant la forme d’une série de manifestations contre l’installation de pylônes électriques de haute tension sur leurs terres agricoles. Académique, pour ne pas dire scolaire, Miryang Arigang reste beaucoup trop en surface de ses personnages (essentiellement féminins), bien trop focalisé sur une critique sociale facile, et branchée sur un mode automatique (aucun point de vue de la compagnie électrique ; la police apparaît comme une masse informe et indicible). Préférant ainsi la violence, l’hystérie et les larmes captées lors de manifestations souvent confuses, le cinéaste néglige totalement les paysages, la région et le quotidien de ses villageois, autrement dit tout ce qui aurait dû constituer le cœur du documentaire. L’opposition entre modernité et tradition apparaît dès lors facile. PARK Bae-il se trompe d’ailleurs en privilégiant d’abord la critique du consumérisme, propre à la société moderne (l’écologie, les technologies, le monde urbain…), totalement obnubilé par l’oppression des puissants sur les faibles. Incapable de peindre des portraits de femmes émouvants et sincères, la caméra de PARK les déshumanise peu à peu, devenant, à l’image des forces de l’ordre, une masse nébuleuse et informe où rien ne ressort, excepté le mot d’ordre du documentaire : la lutte.

Le drame social Cart de BOO Ji-young présente à peu près les mêmes défauts : sujet supposé fort (le licenciement intempestif de tous les employés d’une grande surface, essentiellement des femmes, encore), avec une grande tendance à la « sur-dramatisation » (elles sont mères de famille, pauvres, étudiantes ratées, et vieilles). Trop larmoyant et caricatural pour rejoindre les maîtres du genre (Les Frères Dardenne, Ken Loach…), le film flirte dangereusement avec un pathos ridicule (les trois portraits de femmes sont misérabilistes). Pompeux (féministe) et boursoufflé (musique édifiante), Cart manque également sa critique sociale (très manichéen dans sa représentation des forces de l’ordre et des dirigeants du magasin), et ne peut susciter aucune sympathie tellement, tout dans le film sonne faux (alors que c’est une histoire vraie !). Un tire-larmes affligeant et souvent grotesque.

Socialphobia de HONG Seok-jae rejoint les deux films précédents dans la catégorie des films à « sujets forts » (l’impact néfaste des réseaux sociaux dans la vie des jeunes). Socialphobia c’est un peu la version coréenne de Requiem for a dream (2000) de Darren Aronofsky : un cauchemar tape à l’œil (musique omniprésente, visuellement agressif et vulgaire, twists scénaristiques faciles, rythme effréné qui ne supporte pas les « temps faibles »…). Si le sujet est d’actualité, le film s’égare progressivement de son propos, en optant pour une surenchère dans sa pratique des genres cinématographiques qu’il convoque alternativement (film d’horreur, film policier, « vigilent movie », teen-movie, film social…) conférant au film un aspect hybride, certes pas inintéressant, mais au traitement souvent maladroit. Il finit par manquer complètement son sujet, celui d’une réflexion plus générale sur le médium en tant que tel, c’est-à-dire sa propension à diffuser des images qui parviennent sur nos écrans sans que l’on sache réellement les interpréter. Une vraie déception car le film avait le potentiel (et une certaine ambition) pour traiter un sujet encore peu abordé par le cinéma occidental (cf. le bien plus intéressant Unfriended de Levan Gabriadze).

En conclusion, on s’aperçoit que la nouvelle génération de cinéastes, bien que prometteuse, semble plus à l’aise dans un cinéma d’auteur modeste, fortement influencé par HONG Sang-soo et LEE Chang-dong (Gi-Hwa et A Midsummer’s fantasia), que dans un cinéma plus mainstream, où des genres comme le thriller, le film d’action et le film d’aventure atteignent rarement la grandeur et la splendeur des œuvres clefs de la génération précédente (BONG Joon-ho, PARK Chan-wook, KIM Jee-won, NA Hong-jin). Il nous tarde donc d’attendre la prochaine édition du festival pour savoir si cet état de fait – ce déséquilibre entre les petits films indépendants et les films de genre à grand spectacle – sera comblé par l’émergence de nouveaux talents, prêts à assumer l’héritage et à prendre le flambeau de leurs illustres aînés.

Tous les films mentionnés ont été projetés lors de l’édition 2015 du Festival du Film Coréen à Paris (FFCP). Remerciement à l’équipe du festival, notamment à Marion Delmas.

Les notes et les trailers des films vus par Art/ctualité :

Vétéran : 2/5

Miryang Arigang : 1/5 

Alive : 3/5

Alice in earnestland : 3/5

Twenty : 3/5

Watcha wearin’ : 3/5

The Shameless : 2/5 

Cart : 1/5

How to use guys with secret tips : 3/5

Gi-Hwa : 4/5

Hyperbolae of youth : 3/5 

Island : 2/5 

Socialphobia : 1/5 

Midsummer’s fantasia : 4/5 

Assassination : 2/5

My Dictator : 2/5

Someone Special : 3/5 

 

[1] Art/ctualité n’a pu voir : Right Now, Wrong then (HONG, Sang-soo) ; Scary House (YANG Byeong-gan) ; Heart of snow, heart of blood (KIM Jeong) ; End of winter (KIM Dae-hwan).

Les commentaires sont fermés.