Ça s’est passé cette semaine : Emma Watson, #heforshe & CelebGate

Source : www.huffingtonpost.com

Dimanche 21 septembre 2014, les fans de la saga Harry Potter ont découvert une nouvelle facette de la personnalité de l’une de leurs héroïnes préférées. Emma Watson, actrice mondialement reconnue et ancienne égérie de la marque Lancôme, a prononcé un discours sur le féminisme qui a été vivement remarqué au siège de l’ONU. En sa qualité de nouvelle ambassadrice des Nations Unies pour le droit des femmes, elle s’est exprimée pendant plus de dix minutes sur la nécessité de faire évoluer les mentalités pour permettre davantage d’égalité entre les sexes. Très émue par son discours, mais pourtant ferme dans ses propos, Emma Watson a défendu avec brio des convictions qu’elle a dit hériter de son enfance.

Son appel au féminisme et à l’égalité entre hommes et femmes a été très applaudi par les membres de l’ONU ainsi que par les internautes sur la toile. Ce discours s’inscrit dans un projet plus large, la campagne “he for she”, autrement dit “lui pour elle”, qui vise à sensibiliser les hommes sur la nécessité de se mobiliser pour lutter contre les préjugés en matière de genre. C’est Emma Watson elle-même, qui a participé au lancement de cette campagne à travers son discours, permettant ainsi que ce sujet touche le plus de personnes possible à travers le monde. Ses dernières paroles sont particulièrement fortes et frappantes :
“Je vous invite à sortir de l’ombre, vous, les « féministes introverti-e-s », et à vous demander : si ce n’est pas vous, qui agira ? Si ce n’est pas maintenant, quand impulserons-nous le changement ?”

Pourtant, ce n’est pas son discours, touchant et émouvant, qui a retenu l’attention de nombreux internautes depuis quelques jours, loin de là. Peu de temps après la parution du discours d’Emma Watson sur Internet, une communauté antiféministe hostile à la campagne “he for she” a commencé à s’exprimer violemment sur les réseaux sociaux. Des messages de haine et de mépris se sont répandus à toute vitesse sur la toile, appelant à rabaisser Emma Watson à son niveau, c’est-à-dire à celui d’une femme. Comment une telle chose est-elle encore possible aujourd’hui ? Si l’objectif de son discours était d’attirer l’attention du monde sur l’existence de telles mentalités, on peut dire qu’il y a plutôt bien réussi. Pour autant, les messages de haine des antiféministes se sont rapidement transformés en messages de menaces, et le conflit a pris une toute autre dimension.

Pour mieux le comprendre, il faut se remettre en mémoire le CelebGate qui a eu lieu il y a quelques semaines, quand plusieurs comptes Apple de stars américaines ont été piratés et que des photos relevant du cadre de leur intimité ont été publiées en toute impunité sur le web. Jennifer Lawrence, Kate Upton, ou encore Kim Kardashian, ont ainsi été victimes de piratages informatiques violant leur vie privée et l’exposant à la vue de tous. Dans le cas qui nous concerne, les propos antiféministes de certains internautes se sont changés en menaces quand l’un d’entre eux a assuré détenir des photos privées de l’actrice qu’il allait mettre sous peu en ligne pour la remettre à sa place. Le site “Emma you are next”, ou “Emma tu es la prochaine”, a ainsi été créé pour ajouter à la tension ambiante un compte à rebours inquiétant.

Comme quoi, un discours féministe et novateur peut susciter encore bien des haines. L’affolement, qui a agité le web pendant quelques heures, est la preuve que la lutte pour l’égalité des genres est loin d’être achevée, et que les discours cent fois répétés sur le droit des femmes à posséder le même statut que celui des hommes, sont longs à faire leur chemin dans l’esprit embrumé par la testostérone de certains. Toujours est-il qu’un nouveau rebondissement a eu lieu dans le courant de la semaine pour révéler que, sous le soi-disant auteur des menaces, se cacherait en fait un organisme privé chargé de mettre en évidence les pressions subies par les stars. Il s’agirait donc d’un gigantesque coup de marketing qui n’aurait pour finalité que de dénoncer de tels agissements en en montant un de toutes pièces. Peut-on raisonnablement croire à cette explication sans s’interroger ?

La menace qui pesait sur les épaules de l’actrice de voir apparaitre sur la toile des photos de son intimité aurait donc été intégralement orchestrée par une mystérieuse société nommée Rantic. Son objectif aurait été, en agissant ainsi, de dénoncer pareils scandales. Mieux encore, ce serait une célébrité elle-même qui serait à l’origine de la mise en scène de ce drame, avec pour objectif de mettre en évidence la fragilité de sa posture devant de telles attaques. Face à ce gigantesque imbroglio, qui et que croire ? En attendant que la situation se clarifie et que de nouveaux détails sur cette affaire voient le jour, les gens feraient mieux de se concentrer sur la teneur du message délivré par Emma Watson au siège de l’ONU : le féminisme est un état d’esprit, pas une idéologie, et il est impératif que les mentalités à ce sujet changent pour de bon.

Pour en savoir plus sur la campagne “he for she

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