Ça s’est passé cette semaine : le nouveau roman d’Harper Lee chamboule le passé

Elle ne cessait de le répéter : « J’ai dit tout ce que j’avais à dire ». Cela n’a pas pourtant empêché l’annonce de la publication d’un second ouvrage de la romancière à succès Harper Lee, cinquante-cinq ans après l’avènement de son best-seller mondial Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Intitulé Va et place le veilleur, ce second ouvrage suscite de nombreuses interrogations, alors que la romancière est aujourd’hui âgée de 88 ans.

Un best-seller mondial

Le livre Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, qui a obtenu le prix Pulitzer en 1961, a été vendu à près de 40 millions d’exemplaires, en version originale, à travers le monde. Aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands romans classiques américains, il raconte l’histoire d’un procès au cours duquel un Noir, accusé à tort d’avoir violé une femme blanche, se retrouve tout de même condamné. Le racisme, la ségrégation et la lutte des classes, sont autant de sujets dénoncés avec brio par cette auteure, qui situe son histoire dans une ville fictive de l’Alabama. Considérée comme l’une des grandes romancières du XXème siècle, Harper Lee s’est vu remettre en 2007 la « Presidential Medal of Freedom », la plus haute distinction qu’un citoyen américain puisse recevoir, des mains de George Bush.

Un nouveau roman dont l’action se situe dans le passé

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le nouveau roman d’Harper Lee n’a pas été écrit par la romancière au cours de ces dernières années. L’écriture de Va et place le veilleur remonte au milieu des années 1950, avant même la publication de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Le récit se déroule vingt ans après son premier livre, bien qu’il ait été rédigé bien avant. Il met toujours en scène le même personnage principal féminin, Scout, dans une version plus jeune. Désormais à New-York, la jeune femme décide de retourner en Alabama pour rendre visite à son père, l’avocat qui a arbitré le procès narré dans le premier livre. C’est l’avocate Tanja Carter, qui représente la romancière Harper Lee depuis de nombreuses années, qui est à l’origine de la découverte du manuscrit de Va et place le veilleur. Il aurait été retrouvé dans un coffre-fort longtemps oublié, près du manuscrit original de son premier roman.

La volonté de l’auteure mise en doute

Mais Harper Lee est-elle bien d’accord avec la publication de ce nouveau roman ? C’est là toute la question qui divise les spécialistes de l’édition depuis quelques jours. Passée l’excitation qui a suivie l’annonce d’une nouvelle publication de la romancière, des doutes ont vu le jour au sujet des capacités intellectuelles d’Harper Lee. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2007, et récemment touchée par le décès de sa soeur Alice Lee, qui protégeait jusque-là ses intérêts, tout laisse à croire que la romancière ne serait pas totalement en mesure de prendre de telles décisions par elle-même. Dans une lettre adressée à l’avocate Tanja Carter en 2011, la soeur d’Harper Lee, Alice, abonde en ce sens :

«[Ma sœur] ne peut ni voir, ni entendre, et est susceptible de signer n’importe quel papier qui lui serait présenté par une personne en qui elle a confiance.»

Malgré tout, la publication semble, bel et bien, en cours de préparation. La date de sortie du nouvel ouvrage a été fixée au 14 juillet aux Etats-Unis. Le tirage est pour l’instant prévu à 2 millions d’exemplaires. Il pourrait rapidement être augmenté, comme s’y attendent ses éditeurs, si l’engouement pour l’écriture et le sens de la narration d’Harper Lee fait à nouveau son effet.

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