Ça s’est passé cette semaine : l’ouverture du musée des Confluences

Le musée lyonnais des Confluences, qui a ouvert ses portes le samedi 20 décembre 2014, a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, mais pas forcément pour les bonnes raisons. En effet, ce n’est pas l’ampleur et la valeur de ses collections qui ont intéressé le plus le public, mais le coût exorbitant de la construction du musée. Alors que le musée vient d’être inauguré et s’apprête à ouvrir ses portes, pourquoi ne pas revenir sur la genèse de ce projet ambitieux ?

La mission du musée des Confluences est de lier les sciences et les sociétés. Il ambitionne de questionner l’humain et de faciliter la compréhension du monde d’hier et d’aujourd’hui. Pour cela, il revendique sa transdisciplinarité en proposant au visiteur de réviser son histoire, mais aussi sa géographie, ainsi que des domaines plus pointus tels que la science, l’archéologie et l’ethnologie. C’est donc un programme de grande envergure qui est proposé dans une architecture novatrice adaptée aux nouvelles technologies. Pour l’ouverture du musée, deux expositions temporaires sont proposées en plus des quatre expositions permanentes : l’une est consacrée aux “Trésors de Guimet“, l’autre à “la Chambre des merveilles” pour mieux comprendre l’acte de collectionner.

Bien sûr, ses quinze ans de construction et son coût total de 328 millions d’euros, soit cinq fois plus que ce qui était prévu initialement, ont fait se lever de nombreuses voix indignées. Parmi elles, l’association des contribuables lyonnais Canol a dénoncé une “catastrophe économique“. C’est aussi son architecture jugée trop ambitieuse qui est critiquée. Le projet, réalisé par le cabinet d’architectes autrichiens Coop Himmelb(l)au, est un édifice tout en verre, en acier en en béton. Il se compose de trois éléments distincts : le “cristal” correspond à l’entrée des visiteurs, le “nuage” aux espaces d’exposition et le “socle” aux espaces techniques ainsi qu’aux deux auditoriums.

Ses collections sont essentiellement celles de l’ancien musée Guimet de Lyon, qui a fermé ses portes en 2007. Il rassemble près de deux millions d’objets, et cela sans compter les nouvelles acquisitions et les dons récents. Minéraux, squelettes, animaux naturalisés, sculptures, outils,… Les objets seront divisés en quatre univers : “origines, les récits du monde“, “société, le théâtre des Hommes“, “espèces, la maille du vivant” et “éternités, visions de l’au-delà“. Pour définir le musée, Hélène Lafont-Couturier, sa directrice, insiste sur sa dimension indéfinie dans le journal Libération : “c’est comme si on rassemblait à la fois un peu du musée du Quai-Branly, du Muséum d’histoire naturelle de Paris, du musée de l’Homme, du Conservatoire des arts et métiers et du musée Guimet parisien”. Un musée qui affirme donc son ambiguïté.

Un réel engouement s’est formé autour de ce projet dont l’objectif est d’attirer jusqu’à 500 000 visiteurs par an. L’ancien président du Conseil Général du Rhône Michel Mercier, en charge du projet, a notamment confié : “je voudrais amener à ce musée des gens qui n’y vont jamais“. Même si sa gestion du projet a été fortement critiquée, notamment pour ses dérives budgétaires, il a tout de même réussi à mener à bien la construction d’un édifice ambitionnant de renouveler le genre muséal. Celui-ci a été détourné la semaine dernière avec l’apparition, sur Internet, d’un site vantant le “Musée National d’Art Coniste de la Convergence“. Par son biais, ce sont deux artistes lyonnais qui ont effectué une parodie réussie du musée en lui donnant la forme d’une cocotte à papier. Preuve que le musée des Convergences lyonnais, malgré ses détracteurs, risque de faire encore parler de lui.

Crédits : thehuffingtonpost.fr

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