Ça s’est passé cette semaine : Marina Picasso fait trembler le marché de l’art

Marina Picasso, petite-fille de Pablo Picasso, a fait cette semaine une annonce semblable à une bombe dans le milieu de l’art. Elle compte mettre prochainement en vente une partie de sa collection d’oeuvres héritées de son grand-père sans recourir à l’aide de spécialistes.

Une vie marquée par l’indifférence
Agée de 64 ans, Marina Picasso cultive un ressentiment envers un grand-père qu’elle n’a que très peu connu. Fille de Paulo Picasso, l’un des fils de Picasso et de sa première femme, la danseuse russe Olga Khokhlova, elle a longtemps souffert de l’indifférence de son grand-père à son égard. Dans ses Mémoires, publiés en 2001 et intitulés Picasso : mon grand-père, elle va même jusqu’à écrire :

« Je n’avais pas de grand-père »

A sa mort, en 1973, à l’âge de 91 ans, Picasso laisse derrière lui près de 50 000 oeuvres, mais pas de testament qui permettrait de répartir équitablement son héritage entre ses descendants. Après une longue période de négociations houleuses, un cinquième de ses biens, soit environ 10 000 œuvres, finissent par revenir à Marina Picasso. Dans cet héritage, on trouve près de 300 tableaux ainsi que des céramiques, des dessins, des esquisses et des sculptures, sans compter la majestueuse villa, « La Californie », qui se trouve dans la baie de Cannes. Le tout constitue une fortune estimée à 290 millions de dollars. Marina Picasso s’en serait pourtant bien passée :

« Les gens me disent que je devrais être contente d’avoir touché cet héritage, et je le suis. Mais c’est un héritage dépourvu d’amour »

Une décision qui surprend le monde de l’art
C’est contre toute attente que Marina Picasso a décidé de procéder à la vente des oeuvres en sa possession à sa manière, c’est-à-dire sans passer par des intermédiaires. Jusque-là, toutes les ventes qu’elle avait réalisées étaient encadrées par des professionnels du monde de l’art connaissant bien le travail de Picasso. Une manière très sûre de vendre ses oeuvres au prix le plus élevé possible tout en respectant les variations de la côte de l’artiste en fonction des pays.

En annonçant son intention de procéder « au cas par cas, selon les besoins », Marina Picasso a suscité l’affolement et l’incompréhension des spécialistes du peintre. Cette décision n’est clairement pas du goût des acteurs du marché de l’art, qui, au-delà de l’impression de se faire flouer en ne pouvant pas jouer leur rôle, craignent plus que tout que ses décisions influencent la côte de l’artiste. Si Marina Picasso décidait en effet d’inonder le marché en vendant plusieurs oeuvres de son grand-père au même moment, il y aurait un risque que les prix des oeuvres s’en trouvent rabaissés, ce qui coûterait des milliers, voire des millions d’euros au marché de l’art.

Une première oeuvre révélée
Parmi toutes les oeuvres dont elle dispose, Marina Picasso a déjà choisi la première toile dont elle souhaite se séparer, et ce choix en révèle beaucoup sur ses pensées. Il s’agit d’une toile intitulée La Famille, peinte en 1935. On y voit la famille de Marina sur un fond désertique dépeint dans un style assez réaliste mais inhabituel pour l’artiste. Cette toile a été peinte alors que Pablo Picasso venait juste de demander le divorce d’Olga, la grand-mère de Marina. On imagine donc bien pourquoi la petite-fille de Picasso souhaite s’en débarrasser au plus vite. A ce sujet, l’héritière est sans appel :

« Il est symbolique car je suis née dans une grande famille, mais cette famille n’en était en réalité pas une »

Des ventes qui serviront son activité philanthropique
Marina Picasso compte utiliser l’argent qu’elle récoltera de ces ventes pour développer ses actions philanthropes en France, en Suisse et au Vietnam. Mère de cinq enfants dont trois adoptés au Vietnam, elle a déjà fait don de 1,5 million d’euros à la Fondation Hôpitaux de Paris en 2014. Elle participe également à un projet d’aide aux personnes âgées hospitalisées pour de longs séjours, selon les informations rapportées par le New York Times. Autant d’actions permises par la vente des oeuvres de son grand-père qui lui permettront de développer comme bon lui semble sa vocation de philanthrope.

Crédits : lesechos.com

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