Ça s’est passé cette semaine : The Interview fait un carton sur le web

Mais quelle mouche a bien pu piquer Seth Rogen et James Franco ? Dans leur dernier film, The Interview, les acteurs jouent le rôle de deux journalistes américains, mandatés par la CIA, pour tuer le dictateur coréen Kim Jong-Un. Sérieusement, comment ont-ils pu inventer un tel scénario ? Et étaient-ils vraiment convaincus que leur comédie serait un succès ? Après de multiples rebondissements à quelques jours de sa sortie en salle, dont une menace d’attentat terroriste, le film est désormais disponible en téléchargement légal sur Internet. Depuis dimanche 28 décembre 2014, il a déjà rapporté 15 millions de dollars à ses producteurs, preuve qu’un synopsis absurde peut plaire.

Jamais un film n’aura fait autant parler de lui avant même sa sortie. Coréalisé par Evan Goldberg et Seth Rogen, le film a fait sortir le dictateur Kim Jong-Un de ses gongs en juillet dernier. Pas étonnant, puisqu’il est l’un des personnages principaux de la comédie et qu’il y est tourné au ridicule. Ça peut se comprendre ! Le dictateur a demandé à l’Organisation des Nations Unies de faire censurer le film, sans résultat. Après avoir qualifié la comédie de “promotion du terrorisme” et “d’acte de guerre“, il a exigé une punition contre les deux acteurs coupables, à ses yeux, d’un “acte diabolique de provocation“. Rien que ça.
Ce qui est sûr, c’est que la comédie n’aurait certainement pas eu le même succès si elle avait mis en scène un dictateur imaginaire. A croire que les réalisateurs du film ont tout fait pour s’attirer les foudres du leader coréen. Mieux que la colère de Kim Jong-Un, Seth Rogen et James Franco ont également été la cible d’une menace terroriste à quelques jours de la sortie de leur film. Tout un scénario. Les pirates ayant mené la cyberattaque contre l’entreprise Sony Pictures, ont ainsi menacé les Américains qui seraient tentés d’aller voir le film à sa sortie en salle, allant même jusqu’à évoquer les attentats du 11 septembre. De quoi refroidir les ardeurs de l’équipe du film, qui s’est empressée d’annuler toute la promotion autour du film, dans l’espoir de ne pas voir se concrétiser la menace :
Nous allons vous montrer clairement dans tous les lieux où The Interview sera diffusé, notamment lors de l’avant-première, à quel destin tragique sont voués ceux qui cherchent à se moquer de la terreur”, peut-on lire dans un communiqué du groupe des pirates relayé par plusieurs médias dont le Los Angeles Times. “Rappelez-vous le 11 septembre 2001. Nous vous recommandons de vous tenir à distance des endroits [où le film sera projeté]”, ajoute-t-il. “Et si votre maison est à proximité, vous devriez partir.

C’est aussi cette menace qui a conduit Sony à annuler la sortie de la comédie en salle. Le film aurait été condamné à l’oubli sans l’intervention du président américain Barak Obama, qui a regretté publiquement une telle censure à la liberté de création. C’est cette réaction inattendue qui a fait revenir le studio sur sa décision. Après bien des hésitations, la comédie est finalement sortie dans 300 salles américaines, ainsi qu’en vidéo à la demande sur Internet. Si les Américains se sont pressés dans les salles obscures pour découvrir le film ayant provoqué la fureur du leader coréen, ils ont été encore bien plus nombreux à le télécharger sur le web. C’est donc sur la toile que la comédie a eu le plus de réussite, et cela ne fait que commencer.

Pourtant, malgré les chiffres extravagants brandis par Sony pour faire valoir son succès, les critiques déjà parues sur la comédie, font état d’un film bien inférieur aux attentes du public. Pour beaucoup, sa réussite résulte, en grande partie, de la série de rebondissements politiques ayant suivi sa projection en salle. Le Monde qualifie le film de “comédie de potes”. Pas très glorieux. De son côté, Le Courrier International cite un journaliste du Financial Times : “Si M. Rogen et ses acolytes avaient choisi un despote imaginaire pour incarner le méchant de leur film, la comédie aurait certainement perdu de son mordant“. De quoi nuancer les annonces de record de ces derniers jours. En France, le film sortira le 11 février prochain.

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