Champs-Elysées Film Festival 2015

Quatrième édition du festival de cinéma franco-américain (du 10 au 16 juin), Champs-Elysées Film Festival donne, chaque année, un aperçu de la jeune génération de cinéastes américains et français (longs et courts métrages indépendants), les mettant aux prises dans une compétition officielle, présidée cette année par l’actrice belge Emilie Dequenne, et l’acteur anglais Jeremy Irons, dont plusieurs films seront diffusés au cours du festival.

Au-delà de la compétition « officielle » (22 courts métrages et 8 longs métrages), le festival offre une vraie diversité au sein de ses nombreuses sélections parallèles (Les incontournables TCM, les (re)découvertes, Atmosphères urbaines, Imaginaires américains, Séances jeune public, rétrospectives) qui proposent, chacune à leur manière, de vraies découvertes, ainsi que de nombreux films cultes et, bien sûr, quelques classiques. Une sélection finalement assez impressionnante, étant donné la (courte) durée du festival ainsi que sa jeune « durée de vie ». On est d’autant plus surpris lorsqu’on remarque la présence de quatre personnalités importantes du cinéma américain des années 1970 : le cinéaste anglais Alan Parker, connu pour ses films « coup de poing » comme Midnight Express (1978) ou, La vie de David Gale (2003) ainsi que les très beau Birdy (1984), et Pink Floyd The Wall (1982), fera pour l’occasion une « Master class » forcément intéressante, compte tenu de son imposante filmographie, et la période charnière (fin des années 1970 et début des années 1980), dans laquelle son cinéma politique fut à son apogée. L’immense William Friedkin sera également à l’honneur avec une (petite) rétrospective de quelques-uns de ses chefs d’œuvres absolus (L’exorciste, Police fédérale Los Angeles…). Il viendra présenter Le convoi de la peur (1977), dans une version «director’s cuts», et dans une copie restaurée : remake du chef d’œuvre de Henri-Georges Clouzot (Le salaire de la peur (1953)), cette version est une véritable expérience, physique et mentale, absolument fascinante au cœur d’une nature éprouvante et totalement imprévisible. Un autre réalisateur américain, Mark Rydell, présentera une version restaurée de The Rose (1979), biopic non-officiel sur la chanteuse Janis Joplin, dont la performance, absolument phénoménale, de Bette Midler (même si Michael Cimino, scénariste pour l’occasion, n’aimait pas forcément ce choix de casting) se suffit à elle-même. Mais la vraie surprise, et à ne manquer sous aucun prétexte, est la trop rare présence du chef opérateur, Vilmos Zsigmond, figure de proue du « Nouvel Hollywood », qui accompagnera Rydell pour la présentation du film The Rose. Pour vous donner une idée de la place de ce « Monsieur du septième art », il suffit de juger l’apport esthétique de ses nombreuses participations sur les plus grands films des cinéastes fondateurs du « Nouvel Hollywood » : Délivrance (1973) de John Boorman ; John McCabe (1971) et Le privé (1973) de Robert Altman ; Obsession (1976) et Blow Out (1981) de Brian de Palma ; Voyage au bout de l’enfer (1978) et La porte du paradis (1980) de Michael Cimino ; Rencontres du troisième type (1977) de Steven Spielberg… Si le directeur de la photographie, responsable de l’image des deux plus grands films de Michael Cimino (et peut-être du cinéma américain), est à Paris, c’est forcément un évènement, et donc une chance inouïe de pouvoir assister à une présentation de sa part.

Quelques avant-premières sont également prévues au programme du festival, dont le nouveau Samuel Benchetrit (Asphalte) et, le très attendu, Valley of Love de Guillaume Nicloux (déjà présent à Cannes, avec en tête d’affiche, Gérard Depardieu et Isabelle Huppert), qui fera l’ouverture du festival parisien. Un festival qui mettra en avant la comédie ; quelques poids lourds du genre, et quelques surprises sont d’ailleurs attendus, comme par exemple la comédie d’action Spy de Paul Feig (éternel comparse d’Apatow et réalisateur du génial Nos meilleurs ennemis), au casting aussi improbable qu’hilarant : Melissa McCarthy, Rose Byrne, Jason Statham et Jude Law. On attend beaucoup du premier film, Les Bêtises de Rose et Alice Philippon, qui fera la fermeture du festival, et s’annonce comme une sympathique comédie française portée par l’atypique Jérémie Elkaim. Autre premier film intrigant, mais un drame cette fois-ci, La résistance de l’air de Fred Grivois avec le mystérieux, et toujours fascinant, Reta Kateb dans le rôle-titre, mérite également une attention particulière.

En plus des découvertes habituelles liées à la compétition et aux avant-premières, il faut remercier le festival de participer à la diffusion du patrimoine cinématographique et d’en partager ses trésors ; revoir des « classiques » au cinéma, et dans une copie restaurée souvent de qualité, procure toujours une immense joie pour tous les cinéphiles à travers le monde, et il me semble donc (très) important de souligner le travail des différents organismes qui cherchent à restituer la meilleure expérience possible, et à conserver l’intégrité de l’œuvre d’origine.

LES ETOILES D’ART/CTUALITE :

Les incontournables TCM :
Le chanteur de jazz (1927) d’Alan Crosland
Citizen Kane (1940) d’Orson Welles
L’homme au bras d’or (1955) d’Otto Preminger
La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1955) de Vincente Minnelli
Géant (1956) de Georges Stevens
La prisonnière du désert (1956) de John Ford
Les innocents (1961) de Jack Clayton (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Le convoi de la peur (1977) de William Friedkin
The Blues Brothers (1980) de John Landis
L’usure du temps (1982) d’Alan Parker (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)

Les(re)découvertes :
J’accuse (1919) d’Abel Gance (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
La vallée de la peur (1947) de Raoul Walsh
Ascenseur pour l’échafaud (1957) de Louis Malle (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
L’arrestation (1975) de Raphaël Rebibo (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Le bal des maudits (1958) d’Edward Dmytryk
Pierrot le fou (1965) de Jean Luc Godard
Des amis comme les miens (1971) d’Otto Preminger (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
The rose (1976) de Mark Rydell
Un cœur en hiver (1992) de Claude Sautet (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)

Atmosphères urbaines (Detroit) :
Robocop (1987) de Paul Verhoeven
8 miles (2002) de Curtis Hanson
Motown : la véritable histoire (2002) de Paul Justman (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Gran Torino (2008) de Clint Eastwood
Detropia (2012) d’Heidi Ewing et Rachel Grady (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)

Imaginaires américains (le désert) :
Arizona dream (1993) d’Emir Kusturica
Gerry (2003) de Gus Van Sant
Twentynine palms (2003) de Bruno Dumont (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Rubber (2012) de Quentin Dupieux
Lake Los Angeles (2014) de Mike Ott (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)

Séances jeune public :
Fantastic Mr. Fox (2010) de Wes Anderson (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Du rififi chez les mômes (1976) d’Alan Parker (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)

Rétrospective William Friedkin :
L’exorciste (1973)
Le convoi de la peur (1977)
La chasse (1980) (Art/ctualité n’a pas encore vu ce film)
Los Angeles Police Fédérale (1985)
Bug (2007)
Killer Joe (2012)

Crédits photo

Les commentaires sont fermés.