Chemical X : Illegal Art ?

Pour les personnes nées fin des années 80 jusqu’au début des années 90, les soirées (voir les raves) étaient certainement égayées par ces petites pilules colorées que ce sont les Ecstasy. Avant d’entendre les remarques du genre « encore un truc sur la défonce, on peut passer un bon moment sans rien prendre etc » je tiens juste à dire que la drogue peut faire partie intégrante du processus créatif sans forcément que le fait d’en parler en soit une promotion ou une valorisation. Mescaline pour l’art amérindien, l’absinthe de Van Gogh ou l’opium d’Alfred de Musset : ça ne date pas de la semaine dernière.

Inspirés par ces pilules multicolores avec en relief des logos de voitures, de montres ou des smileys, l’artiste anglais Chemical X à connu ces années rave et ces trip hallucinés, et c’est pourquoi il a trouvé dans ce matériau une source d’inspiration pour ces nouveaux visuels qu’il expose sur d’immenses panneaux transparents où les cachets sont emprisonnés de manière à obtenir des crânes, des étoiles, des cercles et pleins d’autres images. Sa dernière œuvre en date est un gigantesque vitrail composé de plus de 20.000 pilules représentants deux colombes de la paix volant au dessus d’un smiley solaire, qui est visible à Londres à la galerie Bear Club. Rayonnant autour de leur projet Ark, où chaque artiste devait créer une œuvre sur une espèce animale en voie de disparition, Chemical X au lieu de travailler sur la grenouille phosphorescente des Galápagos, a choisi l’image de la colombe. Un symbole universel de la paix ? Oui forcément, mais pour lui c’était plus marrant de parler de ce rapport d’iconographie religieuse et de drogue à travers cet animal qui apparaissait de manière récurrente sur les cachets qu’il prenait il y a quelques années. L’exposition se déroulant dans une crypte, l’œuvre collait parfaitement.

Son art pose bien sur un problème juridique évident. Présentées parfois comme des vrais cachets, parfois comme des faux, la brigade des stups londonienne est sur les dents avec cet artiste. Donc maintenant la composition exacte de ses œuvres est gardée secrète pour ne pas affoler les galeristes, les acheteurs et le public. Cela pose donc la question que tout le monde attend au tournant ! Peut-on alors faire de l’art avec des matières illégales ? Franchement, les juristes et les tribunaux sont légèrement dépassés par ces nouvelles expressions artistiques et il n’y a pas de législation claire là-dessus, que ce soit en France ou en Angleterre. La production est secrète, la composition aussi, et son équipe marque les cachets au dos pour pouvoir les tracer au cas ou quelqu’un voudrait les mettre sur le marché (encore florissant) underground anglais. C’est donc un rapport entre drogue et religion (Marx en fil rouge), en tout cas pour cette œuvre qui apporte de nouvelles réflexions autour de la question du processus artistique et de la subversion.

N’hésitez pas à aller sur son site qui contient ses travaux, une petite bio sympa et un e-shop

Et voilà le twitter de la galerie Bear Club

Crédits photographiques : Chemical X

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