« Chéri on va à la mine ? »

Le patrimoine culturel européen ne cessera sûrement jamais de nous surprendre. Le dernier site que nous avons visité se trouve sur les anciennes terres du Comte Dracula, en pleine Roumanie, où désormais la région fait venir une autre gamme de visiteurs, remplaçant peu à peu les amateurs de Bram Stoker par un public familial et jeune. Bienvenue dans la mine de sel de Turda, désaffectée en 1932 et ouverte au public depuis 2009. Quel rapport avec l’actualité me diriez-vous ? Depuis quelques semaines, le lieu est devenu l’un des pôles culturels et de loisirs les plus grands d’Europe grâce au renouvellement de ses structures muséographiques.

Imaginez-vous prendre un ascenseur extérieur pour descendre plusieurs centaines de mètres sous terre. Devant vous, rien ne ressemble à un musée ou à un complexe de loisirs. Des projecteurs suspendus éclairent d’une lumière agréable la roche millénaire qui entoure la mine, créant une atmosphère intime. L’immensité du lieu brouille tous les repères : le bruit est absorbé et une lumière hypnotique donne l’impression d’un temps arrêté, bien que les galeries grouillent de monde. Devenue en quelques années un espace de création, cette ancienne mine de sel en partie inondée propose au public des activités extrêmement variées : balade en barque sur un lac artificiel, matchs de basket, expositions d’art contemporain, bowling, Spa, etc. On découvre même un musée d’histoire en surface.

Grâce à un financement de l’Union Européenne, un nouveau parcours muséal a pu être imaginé pour donner un second souffle à ce bijou de l’ère industrielle. Basé sur une pédagogie finement étudiée, le nouveau parcours propose une déambulation active à travers ce véritable lieu de mémoire pour le pays. Les cartels fournissent des explications riches sur le patrimoine architectural européen et les nouvelles activités, plus variées qu’auparavant, attirent le grand public. Administrée avec dynamisme, la mine de Turda est promise à un succès grandissant. Elle tente de sensibiliser l’opinion publique étrangère en montrant le patrimoine roumain sous un jour différent. Avec un budget que certains autres musées qualifieraient de « modeste » (6 millions d’euros financés en grande partie par l’Union Européenne), le site culturel a complètement innové : il a créé au cœur même de la mine un espace de détente alliant art contemporain et design raffiné, le tout aménagé autour d’éléments naturels tels que le bois et l’eau.
Nous vous invitons à parcourir le site internet de la mine de Turda, parfois légèrement obscur, il est vrai, mais qui donne une vue d’ensemble assez sympa sur les activités et leurs tarifs. Descendre dans la mine et se promener dans les galeries, par exemple, coûte 4€ pour un adulte. Oui, 4€ seulement pour explorer la caverne de Batman ou la base d’Avatar !

Voici le site de l’ancien complexe minier

Crédits photographiques : Salina Turda Durgau SA.

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