Clara et la pénombre

Avec cette vague de froid déferlant sur Paris, je ne rêve que de trois choses, un thé, une couette, un livre ! Mais un livre qui me surprenne et me permette de déconnecter ! Je ne parle pas des livres que l’on nous donne dans les innombrables bibliographies de cours, mais d’un livre qui me fasse frissonner, ou rire ! Et j’ai trouvé l’objet parfait : Clara et la pénombre, de José Carlos Somoza.

L’action se déroule en Europe où L’art hyper dramatique, nouveau mouvement en peinture, s’impose. Ce dernier consiste à peindre les œuvres d’art non plus sur des toiles mais sur des humains. Etre-toile devient un métier à part entière : ces jeunes filles sont traitées, apprêtées, peintes, et ensuite exposées. Clara, une jeune toile, cherche à tout prix à être exposée par le précurseur de ce mouvement, Bruno Van Tysh. C’est alors qu’une jeune femme représentant une toile importante est retrouvée morte.

Le lecteur est très vite pris par l’histoire et ses rebondissements. Une gêne s’installe peu à peu lorsque l’on remarque les ressemblances avec notre monde, et la proximité de ce futur. L’aspect humain est totalement abandonné au profit de l’œuvre d’art. Ce dernier passe avant tout, même devant la vie humaine.

Ce livre nous raconte ce qui pourrait arriver dans notre société, où toute éthique pourrait être bannie. Toutes les déviances de l’art sont présentes, jusqu’à un reniement de soi, sorte de retour à l’esclavage accepté. Les Hommes, en acceptant ce métier, renient leur personnalité, leurs sentiments, leur humanité au profit de l’art et ne deviennent plus qu’image.

Ce livre pose des questions sur l’art et ses limites. Il nous oblige à nous projeter dans un futur où l’art pourrait prendre le dessus, et changer nos valeurs.

Aude

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