Colorature

Je vous emmène cette semaine au théâtre du Ranelagh voir une pièce qui vous fera oublier vos soucis et vos ennuis de la semaine !

La pièce, Colorature, raconte la véritable histoire de Florence Foster Jenkins, grande héritière pendant les années 30 aux Etats-Unis. Elle est née en 1868 et mourra à New-York en 1944. Elle décide, après la mort de ses parents, de devenir cantatrice, rêve brimé depuis son enfance. Elle demande donc l’aide d’un jeune pianiste, Cosme Mac Moon, qui deviendra son accompagnateur.

Cette femme est très connue aux Etats-Unis, non pas pour son talent dans la musique mais pour la fausseté de sa voix et son manque de rythme indéniable. Elle organisera de nombreux récitals au cours desquels un public important se pressera pour l’écouter massacrer de grands airs d’opéra, comme l’air de la reine de la nuit, de la flute enchantée.

L’histoire est racontée par le pianiste, Cosme, de sa rencontre avec la soprano Colorature à sa mort. Il nous fait revivre par des flash-backs, les moments importants de leur aventure qui a duré 12 ans.
Il nous explique ses premières impressions, le discours qu’il lui a tenu pour lui ouvrir les yeux sur son manque de talent et petit à petit l’admiration qu’il lui a par la suite porté pour son courage et sa ténacité. En effet, un mystère entoure cette femme, car personne n’a jamais su si elle se rendait compte de ses piètres interprétations dans la musique.

La pièce se divise entre les moments narratifs du pianiste, joué par Grégori Baquet et l’apparition de la cantatrice, Agnès Bove. Cette dernière nous interprète tout au long de la pièce beaucoup de grands airs d’Opéra qu’elle déforme. Le spectateur, après la surprise due à cette voix incomparable, est peu à peu pris d’amitié et de sympathie pour cette femme à la volonté sans borne et au caractère empreint de folie.
Le rire moqueur se transforme petit à petit en admiration pour la cantatrice que rien ni personne n’empêche de réaliser ses rêves malgré les critiques et les moqueries. Les moments de doute sont présents, ils lui donnent une façade fragile qui la rend humaine et accessible. Le rire est présent durant toute la pièce, par les chants, le jeu des acteurs et l’histoire racontée.

Cette pièce a été créée par Stephen Temperley, elle est jouée en 2005 à Broadway et est devenue par la suite un grand succès. Stéphane Laporte en a fait l’adaptation française, et elle est maintenant jouée au Théâtre du Ranelagh, au 5 rue des Vignes, à Paris dans le 16e arrondissement pour une durée indéterminée. Le théâtre du Ranelagh est un petit bijou caché : il a été construit en 1894 par Louis Mors dans un style néo-renaissant. L’intérieur du théâtre est un plaisir des yeux et donne un côté intimiste à cette salle.

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