Dakar 66 au quai Branly

Artctualité - affiche Dakar

Affiche de l’exposition “Dakar 66, chronique d’un festival panafricain” / © musée du quai Branly

Du 1er au 24 avril 1966, sous le patronage de l’UNESCO, s’est déroulé à Dakar le Premier Festival Mondial des Arts Nègres. Pour les 50 ans de cet événement sans précédent dans l’histoire culturelle africaine, le musée du quai Branly et l’Atelier Martine Aublet présentent jusqu’au 15 mai, une installation immersive sur ce festival avec en fond, une véritable réflexion autour des enjeux culturels et politiques qui se font encore sentir aujourd’hui. 

Spectacles, Dakar, Avril 1966 / Photographie officielle du festival

Spectacles, Dakar, Avril 1966 / Photographie officielle du festival

Un festival panafricain

Pour les plus jeunes, en avril 1966 se sont donné rendez-vous les plus grands noms des scènes africaines et internationales : Duke Ellington,  Ballets nationaux du Tchad, ou encore Joséphine Baker, le tout lancé par un important colloque et les discours prononcés par Aimé Césaire, André Malraux et Léopold Sédar Senghor.  Pendant ces 24 jours de festival, ont eu lieu des pièces de théâtre, des projections de films ou encore des expositions d’œuvres.

Ce festival se voulait être un symbole, et une célébration forte de la construction d’une Afrique nouvelle quelques années après les Indépendances.

Cette installation au quai Branly présente ainsi un ensemble d’archives, d’affiches, de films et de photographies, ainsi que la diffusion des discours. Elle met en avant l’ambiguïté des liens politiques franco-sénégalais de cette période, mais offre aussi au public les visions américaines et soviétiques sur ce festival. A ce sujet, est diffusé le film Rythm of Africa (1966) réalisé par le cinéaste soviétique Léonid Makhnach. En pleine Guerre Froide, ce film présenté pour la première fois en France, est l’occasion de confronter les points de vue du cinéaste et de William Greaves, pionnier du cinéma documentaire afro-américain.

Un autre focus est fait sur le merchandising du festival, et permet au visiteur de se retrouver face au décalage entre la vision officielle choisie par les organisateurs (catalogues, brochures, prospectus), et celles de participants offrant ainsi un témoignage plus populaire.

Contexte politique et historique

La dernière partie de l’installation replace ce festival dans le contexte de l’année 1966. Coup d’état au Ghana, Black Panthers aux Etats-Unis, Tricontinentale à La Havane, cette année fut forte en évènements politiques majeurs. C’est ce qui est ainsi présenté par le biais d’extraits de journaux de l’époque.

« Dakar 66 » est une installation qui permet de comprendre à la fois l’instrumentalisation politique de cet événement, mais également son importance pour la figure de Senghor, au détriment de la simplification de l’histoire de tout un continent dans un contexte international complexe.

Une célébration à ne pas louper qui s’inscrit dans le cadre des précédents thèmes abordés par le musée. 

 

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