Dans les fumées bleutées de la Havane, le Street art par Philippe Echaroux

Depuis l’histoire du fameux portrait de Zizou, projeté sur la corniche de la ville phocéenne en 2014, qui avait entrainé une myriade de spéculations, un artiste est sorti de l’obscurité pour s’élever et briller en pleine lumière : Philippe Echaroux. (Cette phrase est aussi belle que le but de légende de Zidane contre le Bayern le 15 mai 2002 en finale de la Ligue des Champions.).

Génies des projections éphémères, le photographe exprime désormais son art à travers le globe, entre Barcelone, Paris et la Havane. C’est justement sur cette dernière destination que nous allons nous arrêter quelques instants. Mai 2015, Philippe Echaroux arrive à la Havane avec dans son sac appareil photo, projecteur haute définition, mais aussi pleins d’idées. Dans la capitale communiste où il est plus fréquent de trouver un portrait du Leader Maximo qu’une pub pour des cigarettes, il bouscule les codes de la propagande et de la liberté d’expression. Et ce n’est pas sans dangers. Parcourant les rues, il cherche à intégrer au mieux ses oeuvres à l’architecture urbaine si particulière de la Havane, projetant des rêves, des portraits, des satires, tout ce qu’un chauffeur de taxi cubain ne peut dire tout haut en somme.

Passionné par la lumière, Philippe Echaroux a révolutionné le Street art en le rendant mobile. Avec son rétroprojecteur, son Ipad et sa batterie de 25kg il est à même de diffuser son art sur n’importe quelle surface, de la Sagrada Familia aux Calanques, avec toujours ce respect pour le lieu.

Dans la ville cubaine à l’heure de l’ouverture vers les États-Unis, et une possible modernisation du pays, la réalité est toujours ancrée dans les années 70. Peur des dénonciations, pots-de-vin, police et propagande rythment la vie des cubains. Mais comme partout la curiosité l’emporte souvent, et certains franchissent le pas en prenant son travail en photo, ou simplement en regardant les paroles de liberté projetées sur les murs décrépis de La Habana Vieja. Lui il sillonne la ville, faisant des repérages le jour, et agissant lorsque l’obscurité tombe pour avoir un meilleur rendu photographique, mais aussi pour amoindrir ses chances de finir dans une geôle. Philippe Echaroux n’est pas un provocateur, ou un leader révolutionnaire, il use de son art pour semer des idées, des images dans la tête des spectateurs…

Aussi éphémère que son art, la liberté prend tout son sens quand il en parle.

http://www.krop.com/paintingwithligths/#/214221/

Crédits et sources photo : Philippe Echaroux/Krop/Le Figaro/Neon.

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