David Maljković

Dans le cadre du festival d’automne à Paris, et avec le soutien des galeries Annet Gelink, Georg Kargl Fine Arts, Metro Pictures, Massimo Minini, Sprüth Magers, T293 et la Croatia House Foundation, le Palais de Tokyo expose l’artiste croate David Maljković.
In low resolution est une réflexion sur la temporalité dans l’art ; temps dont on en distingue
trois sortes , celle du spectateur, celle de l’artiste et celle de l’œuvre.

L’espace de l’exposition, le sous-sol du palais, n’est pas divisé en salles par des murs, c’est plutôt un espace ouvert où l’on peut circuler à notre guise. Certes, des sections sont suggérées, mais le mur n’impose pas une lecture quelconque des œuvres, rendant au spectateur et aux œuvres exposées, plus d’autonomie. Rien n’est assujetti, tout est fluide et constant. De cette manière, une mise en question sur le rapport à l’œuvre est lisible, et la question du présent s’impose.

Comment représenter l’éphémère, l’instant présent ? Par exemple, la vidéo au tout début de l’exposition, est une sorte de collage incongru montrant « des temps » différents, et par « temps » on se réfère aux trois types de « temps » qu’on a déjà évoqués, celui des artistes, de l’œuvre et du spectateur. Le présent de l’œuvre en tant qu’entité autonome, le présent de l’artiste et celui du spectateur, résultent des « présents » anachroniques qui ne coïncident pas entre eux, le temps devient pour l’artiste une question de relativité absolue. Chaque objet, chaque « être » a sa propre temporalité spécifique, sa temporalité individuelle, ce qui permet différents niveaux de lectures.
Un élément clef pour comprendre les variétés des discours, des temps, auxquels fait appel In low resolution est le fonctionnement de la mémoire. L’anachronisme entre les œuvres, se fait par la différence temporelle des objets, mais aussi à travers l’exercice de la mémoire. L’horloge montrée dans la vidéo, est reproduite matériellement par un socle blanc, lorsqu’on se trouve face à l’objet on fait un exercice de mémoire pour se souvenir de la vidéo. On fait appel à nos capacités cognitives, pour ensuite comprendre que l’information retenue est confuse et corrompue, floue. La nature du souvenir, selon l’artiste, est celle d’une pensée qui est subjective et relative, tout comme le temps de l’expérience artistique. En dépit de l’anachronisme des temps, on peut créer un lien étroit entre l’œuvre et nous, et nous créer un lien avec elle, un souvenir ancré dans notre mémoire.

En dépit de la difficulté à donner du sens aux objets rassemblés, et aux nombreuses références savantes pour comprendre le tout, il faut bien lire Georges Didi-Huberman avant de se plonger au palais de Tokyo, l’exposition est une bonne expérience à faire quand on a envie de penser et creuser son cerveau.

Crédits photo : David Maljković, Vue de l’exposition « In Low Resolution », (20.10.14 – 11.01.15) Palais de Tokyo, Festival d’Automne à Paris, 2014.
Courtesy de l’artiste & Annet Gelink (Amsterdam), Georg Kargl Fine Arts (Vienne), Metro Pictures (New York), Massimo Minini (Brescia), Sprüth Magers (Berlin, Londres), T293 (Naples, Rome)
Photo : Aurélien Mole.

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