David’s colors

La galerie Daniel Templon propose jusqu’au 23 décembre une exposition autour des séries de David LaChapelle.

Lorsque l’on entre dans cette galerie aux murs immaculés, la première chose qui nous frappe est le caractère acidulé des couleurs. Elles viennent accrocher notre regard et nous sommes plongés de force dans le travail du photographe.
Chaque cliché possède sa gamme chromatique propre, reflète un univers bien particulier. Chose assez surprenante, car la série Land Scape présente des sujets identiques : des constructions ; néanmoins chaque oeuvre a sa singularité particulière.
Nous sommes donc comme figés devant chaque pièce, analysant chaque détail de l’oeuvre. C’est à la fois fascinant et dérangeant.
L’artiste n’utilise aucun trucage informatique mais fabrique ce qu’il photographie. Cette technique rend les oeuvres riches de détails, parfois dérangeants.

On ressent ce côté glauque et mystérieux lorsqu’on s’attarde sur Self Portrait as House. De loin, on distingue une maison ouverte riche en couleurs. Mais plus on se rapproche, plus les détails nous sautent aux yeux. On remarque un enchevêtrement de personnages nus. Chacun est dans une position peu banale : dans l’entrée une femme nue porte un nourrisson, à l’étage une autre prie pendant qu’un homme se masturbe. Toutes ces scènes nourrissent le caractère diabolique de l’oeuvre. Diabolique car nous sommes scotchés, pétrifiés par la beauté des couleurs. Elles sont nombreuses, vives et attirent notre regard irrémédiablement. Nous sommes séduits par le côté vif et joyeux qu’elles dégagent. Et pourtant ces couleurs acidulées servent à colorer des scènes plutôt glauques.

C’est un aspect que l’on ressent encore plus lorsque l’on s’intéresse à la série Gas. Ces stations essence au milieu de nulle part, nous donnent envie de fondre dans la photo, tant les couleurs sont attirantes. Le bleu, le rose, le jaune brillants, presque fluo, nous captivent malgré leur vivacité violente. Tant et si bien que nous ne nous rendons pas compte immédiatement du caractère mystérieux et sinistre de la scène. En effet, ces stations services sont en plein milieu d’une nature abandonnée de toute présence humaine, une nature qui serait en train de reprendre ses droits. Cette atmosphère nous envahit et on est vite mal à l’aise. Pourtant il est presque impossible de décrocher notre regard, tant les couleurs nous envoutent.

Le sentiment paradoxal que suscite en nous David LaChapelle, relève presque du génie. Se sentir séduit et mal à l’aise face à une oeuvre est quelque chose de très étrange. On souhaite s’enfuir car le cliché nous dérange et pourtant on ne peut s’empêcher d’admirer l’oeuvre…
Une exposition qui vaut le détour !

Artsy en parle ici aussi !

Galerie Daniel Templon
30 Rue Beaubourg, 75003 Paris
01 42 72 14 10

Crédits photos

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