De l’art et des jeux vidéo au musée Art Ludique

Après plusieurs expositions consacrées au célèbre Studio Ghibli, à Marvel ou encore au studio Aardman, le musée Art Ludique nous émerveille une fois de plus avec sa dernière création consacrée à l’art dans le jeu vidéo, grande première mondiale (excusez du peu). Car oui, qui dit jeu vidéo dit animation certes mais dit surtout dessin, création et inspiration. Ainsi, l’exposition se propose de retracer le parcours créatif qui mène à l’aboutissement d’un jeu vidéo, à travers une scénographie immersive des plus réussies.

Différentes thématiques abordées

L’exposition est décomposée en plusieurs salles thématiques parmi lesquelles le dessin des villes et des cités, l’invitation au voyage, la réécriture de l’histoire, la thématique du portrait, le cinéma et les créatures imaginaires. La première salle est consacrée à l’atelier d’artistes, qui jalonne l’Histoire de l’Art de l’Antiquité à la Renaissance. De la même manière que plusieurs artistes étaient rassemblés dans une même pièce pour produire une œuvre, ce sont aujourd’hui des milliers de croquis préparatoires, aquarelles ou encore peintures numériques qui sont conçues pour produire un jeu. Dans la conception d’un jeu vidéo, l’ordinateur ne remplace pas l’artiste mais est, au contraire, un simple outil.

Après cette salle « préparatoire », le spectateur plonge dans des paysages fantastiques (vision de Paris en 2084 notamment) ou au contraire très réalistes sortis de plusieurs grands jeux vidéos tels que Heavy Rain ou le très connu Assassin’s Creed pour ne citer qu’eux, qui s’inspirent de paysages urbains pour les modifier à leur guise et créer ainsi un langage visuel spécifique à chaque univers.

Une scénographie immersive

Pour les néophytes, pas d’inquiétude, les différentes salles sont pourvues d’écrans qui diffusent des entretiens avec des professionnels, afin de mieux comprendre les enjeux de la création du jeu vidéo et les différentes sources d’inspiration. On apprend par exemple que l’équipe de production part en voyage pour s’immerger de la culture d’un lieu pour assurer la vraisemblance car même si c’est un monde ouvert, il est nécessaire que ce soit crédible et surtout, il faut donner envie aux gens de visiter. L’exposition se compose de près de 800 œuvres et installations : esquisses, aquarelles, peintures ou encore sculptures traditionnelles et numériques, répartis avec brio sur les 1200 mètres carrés dont dispose le musée.

Un petit bonus est situé dans la salle « Réécrire l’histoire » : une promenade immersive dans le Paris à l’époque de la Révolution française (installation exclusive Assassin’s Creed Unity).

Mais quelques petits points noirs…

La salle décrite comme un « hommage au 7e art » est malgré tout un peu décevante ; elle ne se compose en effet que d’une vidéo expliquant les techniques employées pour modéliser les acteurs (ici Ellen Page et Willem Dafoe pour Beyond Two Souls, suite d’Heavy Rain). Intéressant, certes, mais un peu réducteur quand on sait les nombreuses inspirations que le jeu vidéo emprunte au cnéma.

Rien non plus sur la musique qui est pourtant un art à part entière, exceptée une installation inspirée par Les mondes de Child of Light ; un très beau duo piano-violoncelle qui clôt l’exposition sur une note assez nostalgique, comme pour nous faire regretter que ce soit déjà la fin.

Cependant, les quelques zones d’ombre ne suffisent pas à déconseiller cette exposition. Amateurs éclairés comme novices s’y retrouveront tant le spectateur est bien guidé et la scénographie intuitive. À voir absolument !

Jusqu’au 6 mars 2016 au musée Art Ludique
34 quai d’Austerlitz
75013 Paris

Crédit photo : © Remember Me, Dontnod Entertainment

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