Deadpool ou l’histoire d’un Super Anti-Héros

Le voilà enfin arrivé dans nos salles, celui qu’on attendait depuis quelques mois, c’est bien lui oui, Deadpool ! Et vu les résultats au Box-Office (meilleur démarrage de l’année en France) et les retours critiques positifs, il semblerait que le pari de la Fox soit d’ores et déjà réussi.

Mais ne tombons pas dans l’euphorie et essayons de trouver pourquoi Deadpool séduit autant le public.

Deadpool c’est l’histoire de Wade Wilson (Ryan Reynolds), ex membre des forces spéciales reconverti en mercenaire. Il mène alors une vie monotone jusqu’à sa rencontre avec Vanessa (Morena Baccarin). Le coup de foudre est instantané et leur histoire féerique … Cependant, un beau jour, Wade est diagnostiqué d’un Cancer avancé. Dans un élan de désespoir, Wade accepte d’être le sujet d’une opération risquée, en vue d’une guérison possible. Transformé en Deadpool, son but est de traquer celui qui a gâché sa vie, le tout armé de ses compétences acquises au cours de ses années de services, mais également d’un humour noir aussi tordu que jouissif…

Une chose est sûre, le pitch ressemble en tout point à l’histoire classique du super-héros. Mais le film trouve son essence sur un autre point, l’authenticité.

Dans les Comics, Deadpool se différencie de ses compères par son côté déjanté, son humour gras pétri de second degré et sa capacité à briser le quatrième mur (en d’autres mots Deadpool parle au public). Ce point peut paraître anodin car chaque super-héros a ses spécificités. Mais au cinéma, les adaptations de livres, Comics ou Bandes dessinées, sont souvent sujettes à des remises en question profondes de leurs personnages.

Une nouvelle fois Deadpool arrive à se démarquer des autres de par son authenticité et sa capacité à jouer avec les codes super héroïques. Avec ce film, nous aurions pu tomber dans le cliché du super-héros Goog guy ou dans l’uniformité des univers partagés de Marvel et DC Comics. Eh bien non ! Deadpool casse ces idéaux en faisant ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire botter les fesses des méchants en sortant des blagues plus farfelues les unes des autres. Certes c’est simple mais terriblement efficace.

On peut donc dégager les points clés du film qui sont le rythme, les personnages et donc les dialogues…

Le rythme est généralement bien dosé, avec des scènes d’actions bien chorégraphiées, plus violentes, et des moments d’émotions touchants. L’intrigue mêlant passé et présent (via plusieurs Flashbacks) nous change des super-héros actuels, néanmoins ce fait semble parfois installer une dynamique quelque peu étrange. Faiblesse rattrapée par une bonne utilisation des plans rapprochés. Le réalisateur Tim Miller essaye alors de nous rapprocher le plus possible des protagonistes afin de nous immiscer dans leur vie et leurs combats (ce qui peut expliquer l’absence de 3D). Ca nous ramène à la question des personnages.

Dans Deadpool, la tête d’affiche est… Deadpool ! Nous explorons les origines de ce personnage mystérieux pour que l’on puisse comprendre ses motivations et ses actions. Nous avons donc droit à une mise en lumière sur Ryan Reynolds (The Voices, Green Lantern) qui rehausse ici sa côte de popularité auprès des fans du genre super héroïque. Les admirateurs du personnage seront servis, ça tue mais surtout ça vanne !

A cela s’ajoute des seconds couteaux sympathiques apportant un peu de normalité dans l’esprit farfelu de Deadpool. Il est important de noter que ces derniers sont joués par des acteurs peu connus du grand public (ce qui renforce l’importance de Ryan Reynolds). Parmi eux, on peut citer Ed Skrein (Le Transporteur : Héritage) dans le rôle du méchant Ajax, Gina Carano (Fast And Furious 6) en tant que Angel Dunst ou encore T.J Miller (aperçu dans Transformers l’âge de l’extinction) jouant La Fouine (le pote de Wade).

Enfin, les dialogues ont un rôle déterminant. A eux seul, ils arrivent à changer l’ambiance générale, surtout quand Deadpool débite des blagues alors que la situation semble complètement inappropriée. Egalement, ils sont le lieu de plusieurs références et clins d’œil (notamment à la franchise X-Men) qui nous montrent qu’il s’agit d’un film de Fans.

Vous l’avez compris, Deadpool est unique en son genre car il fait rimer fun, authenticité et cinéma. Même si de nombreux codes super héroïques sont présents (le héros qui veut sauver la femme qu’il aime, la prise de responsabilité ou l’usage des « marches au ralenti ») et qu’il ne s’agit pas d’un monstre technique (petit budget oblige !), on ne sort pas déçu car Deadpool est comme dans un autre monde. On se prend facilement d’affection pour ce anti-héros, qui devient alors un « Super Anti-héros ».

Si nous avons un conseil à vous donner c’est : Allez-y et foncez ! Deadpool c’est Le divertissement de ce début d’année et une bouffée d’air frais pour tout le monde.

Nous finirons avec cette phrase de Wade Wilson, qui résume assez bien l’esprit du film :

« T’as le droit de me trouver super mais je ne suis pas un héros »

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