Des flingues de Bolivar à une Madone du XVIeme : la « Classic Week » chez Christie’s

Du 9 au 15 avril prochain à New York, Christie’s proposera lors de sa célèbre « Classic Week » des objets d’art, et des peintures dignes des collections des plus grands musées du monde. Rien que ça !

Impossible ici de faire la liste complète de toutes les œuvres présentées lors de cette semaine si particulière, pourtant des liens étranges associent certaines de ces œuvres entre elles de façon plus qu’improbable. Enquête.

Tout commence le 13 octobre 1825 à Paris. Le marquis de La Fayette reçoit dans son bureau une missive d’un de ses plus vieux amis, George Washington. Celui-ci lui propose de faire un cadeau à un jeune général bourré d’ambition : Simon Bolivar. Ne s’étant pas fait connaître comme étant un enfant de chœur, La Fayette lui fait parvenir une paire de pistolets avec des décorations en argent ciselé, venant d’une des plus importantes manufactures d’armes à feu de France, la manufacture royale de Versailles. Véritable orfèvre dans l’élaboration d’armes de poing, Nicolas-Nöel Boutet passa de longues heures sur ces deux pistolets, qui seront mis en vente pour plus de 2 000 000 $ dans quelques jours…

Retour vers le futur. 30 ans plus tôt, La Fayette rentrait victorieux de sa campagne pour l’indépendance des Etats-Unis, avec une vraie réputation de dur à cuire. Entrainé dans la Révolution, française cette fois-ci, il est capturé en 1792 après avoir été trahi par le gouvernement. Après 5 ans de captivité à gueuler contre les autrichiens, bien contents de l’avoir sous la main, il est finalement libéré grâce à de nombreux diplomates français et étrangers, mais aussi un peu grâce à un certain Bonaparte.

En 1801, le « petit corse » est quasiment au sommet de sa carrière politique et militaire. Cette année-là, il est approché par le sculpteur Joseph Chinard (1756-1813) qui lui propose de faire son portrait en buste. Victorieux de la campagne d’Egypte et nouvellement proclamé Premier Consul, Napoléon Bonaparte tient à assoir son statut de patron. Sur le buste de Chinard, Napoléon porte fièrement ses distinctions militaires sur le torse, et le sculpteur, n’a pas hésité à graver sur le plâtre la mention «  », comme une ultime dévotion au consul… Estimé entre 30 et 50 000 $ ce buste en plâtre teinté fera tourner les têtes des fans de l’ancien général.

Toujours en 1801, Napoléon signe le Concordat, un accord avec le Pape Pie VII, qui restaure les privilèges de l’Eglise catholique en France. Dans ces négociations un personnage se distingue, il s’agit de Joseph Fesh un oncle de Napoléon. Quelques années plus tard, Fesh deviendra ambassadeur à Rome et un collectionneur d’œuvres d’art avisé. Une des plus belles œuvres de sa collection était la Madone aux Violas, peinte par Marco d’Oggiono (1467-1524) dont l’estimation aujourd’hui se situe entre 2 et 3 000 000 $. Pendant de longues années, les experts et les historiens d’art ont pensé que cette peinture était de la main de Léonard de Vinci, avant d’être présentée comme venant d’un « maître milanais du cercle de Léonard de Vinci ». D’Oggiono connaissait Léonard, et les spécialistes du peintre ont retrouvé de troublantes similitudes entre cette Madone et un dessin du maître florentin : La Vierge à l’enfant avec un chat »…

Cette œuvre majeure de la Renaissance a été cachée du public entre 1964 et 2011, année où elle a été exposée à Londres pour une rétrospective sur Léonard de Vinci.

Cette semaine est donc l’occasion, pour les chanceux qui se trouvent à New York, d’observer des lots exceptionnels présentant une vaste diversité de médiums (sculptures, peintures, mobilier et objets d’art, antiquités…).

A ne pas louper !

Crédits et sources photographiques : Christie’s / Getty/Herodote

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