DJANGO UNCHAINED – UN WESTERN BAROQUE

 

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Avec Jamie Fox (Django, un esclave très enervé), Christoph Waltz (Dr King Shultz, un dentiste tueur à gage), Kerry Washington (Bromhilda Von Shaft, une esclave germanophile), Leonardo Di Caprio (Calvin Candie, un négrier sudiste francophile).

A la sortie du cinema, j’ai eu l’impression d’avoir assisté à un interminable combat de boxe sous extasie. Veuillez m’excuser si je commence cette article sans introduction mais je ne vois pas comment parler autrement de Django Unchained. Dans ce film, il n’y a ni introduction, ni transition, on rentre tout de suite dans le vif de l’action, sanglante et hyperactive.

Tarantino signe là un long métrage le faisant entrer dans la catégorie des maîtres. Maitre, non pas au sens de celui qui dirige mais plutôt de celui qui maitrise suffisamment son art pour pouvoir l’enseigner. En effet, on sent qu’il a appris des films précédents et notamment de Inglorious Basterds car Django reprend globalement les mêmes schémas cinématographiques mais en plus aboutis. Inglorious Basterds était le brouillon et Django le propre.

«Propre», d’ailleurs, est un mot qui qualifie au mieux cette dernière oeuvre d’un esthétisme fort plaisant, Tarantino se lâche et profite de la bonne volonté (durement acquise) des producteurs en réalisant des scènes purement contemplatives avec pour fond sonore des musiques si particulières à ses films. Il mélange rap, saoul, country et classique, parfois même sans transition mais cela ne dénature en rien l’harmonie de ce western.

Au delà de ces scènes, sans dialogues, purement esthétiques, je tiens à revenir sur cette qualification de «Baroque» que j’ai ajouté au titre. Un film baroque c’est un film un peu grandiloquent, souvent chargé, très coloré, avec des scènes de ralenti ou l’action est décomposée de sorte à ce qu’elle impressionne le spectateur. On peut dire pour Django qu’il s’agit d’un Western Baroque dans la mesure où l’on sent dans le travail de Tarantino des emprunts au maitre du Western ultra-violent : Sam Peckinpah. Le réalisateur de Django se place dignement dans sa lignée en reprenant en effet des longues scènes de massacre surprenantes et ralenties, il insiste sur les effusions de sang et théâtralise tous les décès.

Ainsi, Tarantino propose avec Django Unchained un gigantesque divertissement. Il serait d’ailleurs absurde de chercher à intellectualiser ce film. Le génie de Tarantino réside dans cette capacité à réaliser des longs métrages sans ambitions intellectuelles mais répondant tout de même à la prétention d’être des oeuvres d’arts.

Bref, ce film est Monstrueux (le terme est à prendre comme un compliment), ne le ratez pas. A voir en VO, évidemment.

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Jim.

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