Échanges de vues : Conversations Photographiques d’Olympus

Depuis deux ans, la marque Olympus propose à trois grands noms de la photographie contemporaine de parrainer trois jeunes diplômés de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, instaurant ainsi un dialogue entre les générations de maîtres et d’élèves… Après avoir organisé trois expositions entre 2013/2014/2015 dans le cadre des Rencontres d’Arles, ces « conversations » se retrouvent à Paris dans une de nos galeries préférées du moment : les Filles du Calvaire jusqu’au 16 janvier 2016.

Transmission/ Création

L’émergence de ces jeunes talents, sélectionnés par certaines des références du milieu de la photographie, donne lieu à une formidable composition de visuels, d’un esthétisme bouleversant. La galerie, qui offre depuis maintenant quelques années au public parisien une sélection de photographes brillants, a fait le pari de promouvoir des binômes intergénérationnels. Une subtile manière de se démarquer.

Cette relation maitre/élève, dans une telle exposition, souligne une actualisation de la question pédagogique au sein de la galerie. « Il ne s’agit pas de fabriquer une créature capable de satisfaire notre goût pour le pouvoir ou notre narcissisme, mais d’accueillir celui qui vient comme un sujet, tout à la fois inscrit dans une histoire et représentant la promesse d’un dépassement radical de celle-ci. », comme le disait le spécialise des sciences de l’éducation Philippe Meirieu. Oui la citation est balèze. N’empêche que c’est exactement cela : assurer une transmission sans verticalité entre le sachant et l’étudiant, en provoquant des chocs visuels et artistiques, que l’on pourrait plus qualifier de « partage » que d’ « enseignement ». 

Équilibre/Dialogue

Pour profiter de l’exposition, il n’est pas nécessaire de respecter à la lettre la chronologie réelle. En embrassant les salles du regard, les liens se forment d’eux-mêmes entre les deux photographes. Comme teasing voici notre sélection préférée : 

2013 :

  • Jean-Christian Bourcart et Matthieu Rosier. Les deux photographes explorent les zones sombres de l’interdit, celui que l’on trouve derrière les pare-soleils des camionnettes en bordure d’Avignon. Regards pénétrants, scènes de vie et scènes d’amours tarifés, les deux hommes frôlent  la limite du visible et du sous-entendu, perpétuellement.
  • Stanley Greene et Jeannie Abert. Quand un ancien Black Panthers, mondialement connu pour son travail de reporter de guerre, rencontre une jeune arlésienne pleine de talent, le résultat est fou. Ces virtuoses du chaos dépeignent un monde morcelé par les conflits dont les paysages portent encore les stigmates. Un vrai coup de coeur pour ces deux-là.
  • Sarah Moon et Lise Dua. Des images d’une infinie douceur, parfois même dérangeante. Une vision du beau qui glisse doucement vers l’étrange. Il s’agit ici d’un cocktail de couleurs filtrées et de sujets presque cauchemardesques…

Pour les deux autres années (2014 et 2015), sachez que l’on passe de Téhéran à l’univers manga, des flashs aux images thermiques, et de la médiatisation à l’anonymat…

Prenez une demi-heure et coupez-vous de la réalité. Ça fait du bien parfois. 

Exposition du 4 décembre 2015 au 16 janvier 2016

Galerie Les Filles du Calvaire
17 rue des Filles du Calvaire
75003 Paris. 

Crédits photo et sources : Galerie les Filles du Calvaire/Denis Darzacq/Denis Rouvre/Jean-Christian Bourcart/ Sarah Moon.

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