Effacement maitrisé

C’est lors du YIA Art Fair que j’ai fait la connaissance du travail de Valentin van der Meulen.

Représentées par la Galerie Valérie Delaunay, ses oeuvres ont immédiatement accroché mon regard.
La galeriste vient rapidement à l’encontre des visiteurs pour donner une clé de lecture, ce qui est appréciable.

On comprend alors rapidement toute la réflexion derrière l’oeuvre. A première vue, on pourrait se demander pourquoi l’artiste efface ses oeuvres de la sorte ? Lorsque l’on étudie son travail, on réalise qu’il ne cherche pas du tout à faire disparaitre ce qu’il a créé, mais plutôt à révéler son message. Valentin van der Meulen souhaite nous faire apparaitre l’aspect éphémère de l’instant de création. C’est en cela que c’est un artiste remarquable. Il rend une pièce au fusain l’égale d’une photographie.

Le fait qu’il n’efface que certaines parties de ses dessins, souligne encore plus l’importance de nombreux détails. Comme s’il voulait focaliser notre attention sur un endroit plutôt qu’un autre.
Valentin van der Meulen travaille essentiellement d’après des clichés d’actualité, mais les décontextualise complètement. Tout cela dans le but de laisser le spectateur dans une profonde interrogation. Il nomme ses tableaux très rarement, toujours dans le but de laisser libre court à l’imagination du spectateur.

L’acte de destruction fait place à la création, création de quelque chose que l’on ne soupçonnait alors pas. Cette dualité mise en tension au sein du travail de ce jeune artiste, permet de nous interroger sur l’importance de la durée de vie de l’objet, de l’oeuvre d’art. L’importance de la mémoire, du souvenir met ainsi en exergue l’importance du caractère éphémère de nos vies.

Crédits photos : Valentin van der Meulen & Valérie Delaunay

Les commentaires sont fermés.