Elée-Vélia : antique splendeur, moderne indifférence

Elée-Vélia (Campanie) a été fondée au VI siècle avant Jésus-Christ par les habitants de Phocée, qui fuyaient la région face à l’avancée des Perses. Classés patrimoine de l’Unesco en 1998, l’ensemble de Paestum, la chartreuse de Padula, le parc du Cilento et du Val de Diano, ces sites archéologiques restent grandement méconnus et négligés.

La cité grecque mérite une attention particulière, pas seulement du point de vue archéologique, mais aussi par son histoire culturelle. C’est ici que naît l’une des premières écoles philosophiques présocratiques, l’école éléatique, dont les principaux représentants ont été les philosophes Xénophane de Colophon, Parménide, Zénon et Mélissos.
Au cours de l’Antiquité, Elée est très florissante, grâce à sa position stratégique sur les routes commerciales entre la Grèce et l’Etrurie, et devient l’une des plus riches cités de la Grande Grèce. Au contraire de Paestum, autre cité grecque de la région, elle réussit à garder son indépendance des Lucanes, et établit une forte alliance avec Rome à laquelle elle apporte son soutien naval dans la lutte contre les Carthaginois. Les rapports avec Rome sont très étroits et, tout en gardant une certaine indépendance, notamment par la langue grecque, son nom se transforme en Vélia. La cité, appréciée pour la présence d’une école de médecine, devient un site très prisé par l’aristocratie romaine. Abandonnée au Moyen-âge, surtout à cause du paludisme, Elée-Vélia a été redécouverte seulement à la moitié du XIXème siècle.

Le parc archéologique est accessible au public depuis la Porte Rose, le plus ancien exemple d’arc en plein cintre qui existe aujourd’hui en Italie. Malheureusement, la porte est depuis longtemps sous les échafaudages. Entre 2000 et 2006, le parc a bénéficié d’une campagne de réaménagement pour améliorer l’accueil du public, on a créé une structure destinée aux expositions, et des locaux pour abriter les objets issus des fouilles archéologiques. Les travaux, qui avaient été financés par la Région Campanie, et avec l’aide de l’Union Européenne, ont bien été achevés. Les structures n’ont pourtant jamais été utilisées.

Le manque de valorisation dont souffre le parc, n’est pas exceptionnel en Italie, mais est tout de même en contradiction avec l’antique splendeur de ce territoire et de cette cité, méconnue même par les italiens, qui demeure riche en surprises.

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