Entre les murs de la galerie Basso

C’est au cœur de Saint Germain des prés que la galerie Basso, dédiée à l’art contemporain et présentant une sélection d’artistes émergents et confirmés, accueille en ce moment cinq artistes à suivre.

Les œuvres de Blek le rat occupent tout le pan droit de la galerie. Né en 1951, ce pochoiriste français fait partie des initiateurs de l’Art Urbain. Après des études à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1972, il découvre l’atelier de gravure de Lucien Couteaud et celui de lithographie de Dayez. En 1976, il obtient son diplôme supérieur d’arts plastiques (DSAP), et débute la peinture en 1981. A partir de cette année-là et jusqu’en 2010, il laisse sa trace sur les murs, des villes qu’il parcourt. Aujourd’hui, des artistes de Londres, New-York ou encore Tokyo soutiennent s’être inspirés de sa patte, Banksy en fait partie. Entre autres, ses pochoirs apparaissent comme une contestation de la mondialisation, et une dénonciation de la discrimination. C’est en dehors des Musées qu’expose gratuitement l’artiste qui fait tomber les murs, et rend son œuvre accessible à tous à l’image du rat symbolique qui se glisse dans la majeure partie de ses travaux.

Fin des années 1980, Zenoy, issu de la banlieue ouest de Paris, découvre l’amorce du mouvement Graffiti et Hip Hop. Il est héritier de la technique du writing de Philadelphie, découverte dans les années 1960. Un art qui tourne autour de la lettre, et qui s’inspire du mouvement hip-hop développé à New York dans les années 1970. Une technique qui s’étend à la France au début des années 1980, propulsée par la médiatisation de la culture hip-hop américaine. Autodidacte, c’est à l’âge de quatorze ans que Zenoy se lance dans l’art du writing. Son travail, explosion de couleurs et de formes, se niche sur les trains et métros parisiens. On le retrouve également sur des murs en Autriche, Belgique ou Hollande. Depuis les années 2000, il réalise également des graffitis sur toile exposés en France et à l’étranger, gagnant peu à peu du terrain dans le milieu de l’art contemporain.

Juan Ripollès dont les œuvres sont réparties dans tous les recoins de la galerie, est un artiste espagnol polymorphe né en 1932. Peinture, sculpture, gravure, exercées sur bronze, verre, résine ou encore peinture industrielle font partie de la diversité de ses techniques. La figure humaine et la nature sont ses thèmes de prédilection. On retrouve l’inspiration de Picasso dans quelques-unes de ses toiles. Ses œuvres, aux connotations presque enfantines, témoignent d’un certain idéalisme recouvrant néanmoins un esprit pas moins révolutionnaire. Il découvre la peinture par hasard dans l’atelier d’un peintre industriel. D’abord autodidacte, il finit par prendre des cours de dessin proposés par l’institut Ribalta de la ville de Castellon.

Guillaume Tissier se nourrit des paysages contemporains, alliant médias de masse et logos colorés pour tourner en dérision, le rapport entre le contenu des médias de masse et la publicité. Jouant sur l’accumulation, l’artiste extrait les éléments de leur contexte et donne l’illusion d’un patchwork décousu. En résulte pourtant des associations volontaires et maîtrisées qui regorgent de messages réappropriés.

Au fond de la galerie, surplombant le bureau de celui qui nous accueille, quelques œuvres de Riccardo Simonutti, artiste Italien né en 1973. Pendant deux ans, il suit les cours de Jean Yves Duperron avant de devenir un artiste multi supports, peignant par exemple à l’huile ou aux pigments sur du béton, quand il n’utilise pas la photographie comme matériau premier. Après les salons Institutionnels, c’est le monde des galeries qu’il occupe à partir de 2008. Associant les couleurs et les matières, il sollicite les sens de celui qui passe devant ses œuvres. Sa peinture est une critique acerbe de notre société délaissant la connaissance au profit de l’information. Dans la galerie Basso, les tableaux, mystérieusement striés de noir et compartimentés en lignes et colonnes sous fond colorés, évoquent des volets entre-ouverts sur un soleil qui se couche, une nature verdoyante, ou une nuit noire.

Les commentaires sont fermés.