Esto es lo que hay, chronique d’une poésie cubaine

Si toi aussi lorsque tu entends le nom « Cuba » prononcé dans une phrase tu ne peux t’empêcher de chanter faux Hasta Siempre de Natalie Cardone : « A qui se queda la clara/La entrañable transparencia/De tu querida presencia/Comandante Che Guevara », en prenant bien soin de ne pas rouler les « r » ; d’ailleurs, tu penses même que le Che était un mec super et que la Révolution c’est « cool » ; ou alors tu te mets à repenser à ce sublime rhum que t’a fait boire ton barman préféré en te disant que celui-ci vient tout droit de La Havane pour son client favori et que tu te rappelles qu’il a dit ça à trois autres clients avant toi ; ou, encore, tu te dis que la vie là-bas c’est le Buena Vista Social Club pour tout le monde, alors déchire ton billet d’avion prévu pour aller « visiter » Ibiza avec ta miss et va mater la claque documentaire de la rentrée : Esto es lo que hay.

Sorti le 2 septembre, le documentaire signé de Léa Rinaldi suit pendant six ans le groupe Los Aldeanos sur ses terres cubaines. Alors que les USA n’ont eu de cesse d’essayer d’implanter le hip-hop sur l’île de Castro, sans succès, le duo de rappeurs, lui, est entré en guerre culturelle contre le régime du Líder Máximo. Reconnu comme le groupe contestataire numéro un du pays, Los Aldeanos se bat contre la censure et milite pour que les Cubains puissent sortir de l’autarcie dans laquelle le régime les plonge. Malgré la répression et l’interdiction de quitter le territoire, le groupe continue à produire ses sons par leurs propres moyens et à rapper haut et fort que Cuba a besoin d’une vraie révolution, bien loin de la révolution Castriste.

Au sein de la musique sud-américaine, notamment cubaine, il y a, de manière traditionnelle, voire héréditaire, une propension aux chants patriotes à la gloire de son île, de son pays, souvent en opposition à l’ogre oppresseur que sont les Etats-Unis. Los Aldeanos eux n’échappent pas à la règle. Pour eux, Cuba est plus grand que Castro. Alors, finalement, on se dit qu’ils ne se battent pas contre le clan Castro, mais bien pour Cuba.
Au cours des six ans de tournage, Léa Rinaldi a su capter les changements, les tensions, les adaptation d’une île qui, peu à peu, tend à s’ouvrir au monde occidental. On comprend alors que la question du futur de Cuba reste floue et que la révolution nécessaire au pays de Los Aldeanos est une révolution culturelle.

Esto es lo que hay de Léa Rinaldi
En salles depuis le 2 septembre

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