Fantin-Latour : le maître du modelé

Le Musée du Luxembourg à Paris propose la première grande rétrospective de l’œuvre de Henri Fantin-Latour (1836-1904) depuis le début des années 80. Surtout connu pour ses natures mortes exquises et ses portraits de groupe, c’est aussi l’occasion de se plonger dans ses peintures dites « d’imagination ».

 

Ce peintre là ce n’est pas un rigolo, autant le dire tout de suite, mais plutôt un taciturne aussi austère que génial. Suivant un plan chronologique l’exposition s’ouvre sur les œuvres de jeunesse de l’artiste, avec les troublants autoportraits réalisés dans les années 1850-1860 qui ne sont pas sans rappeler certains tableaux de Courbet. Dans ces années- là, le jeune Henri s’échappe de son atelier poussiéreux pour se plonger dans l’intimité familiale et observer avec un œil déjà exceptionnel les activités de ses sœurs. En liseuses ou en brodeuses, elles deviennent sa source d’inspiration. Il commence alors à saisir toute la complexité des compositions.

La seconde partie de l’exposition centrée sur la période 1864-1872 (notez la précision de la chose) dévoile les ambitions plutôt balèzes du peintre. Bourreau de travail, celui-ci va se distinguer dans le domaine des portraits de groupe avec le célèbre Hommage à Delacroix, Un atelier aux Batignolles ou encore Le Toast. Entouré de ses potes Manet et Delacroix il rayonne de talent.

La troisième partie présente les natures mortes et les portraits réalisés entre 1873 et 1890. Passant ainsi des tableaux de commande à des observations personnelles de la nature dans toute sa splendeur. Virtuose de la matière et de la lumière il réalise alors des toiles proches du trompe-l’œil. Pourtant Henri Fantin-Latour va vite se lasser, comme ces génies qui ont constamment besoin de challenges. C’est là où arrivent ses œuvres dites « d’imagination ». Dingue de musique et des femmes, il s’exerce à bâtir des compostions aux sujets mythologiques (coucou Wagner) qui sont des odes à la beauté de la femme.

Personnage énigmatique et complexe, Henri Fantin-Latour est un aventurier prudent de la peinture qui s’impose comme une des figures artistiques marquantes de son siècle.

Une exposition à ne pas louper, vraiment.

Musée du Luxembourg, du 14 septembre 2016 au 12 février 2017

 

Crédits et sources photographiques : RMN/Musée du Luxembourg

 

 

Les commentaires sont fermés.