Fibonacci‘s Beauty

Après vous avoir fait découvrir le studio Ouchhh la semaine dernière continuons à jouer avec les maths et les images. Le concept est très tendance en ce moment (et tant mieux) comme nous pouvons le constater avec John Edmark et ses sculptures zootropes.

Depuis quelques années, cet artiste assemble méticuleusement des pièces en bois, en plastique, et même avec un artichaut de manière à créer des illusions d’optiques extrêmement variées (ensemble hélicoïdale d’ADN, escaliers, puzzles etc..) à la fois dans un souci esthétique mais aussi pour vérifier certains théorèmes mathématiques. Ah les maths, la dernière fois que vous avez entendu la suite de Fibonacci c’était quand ? Devant The Da Vinci Code ? Afin d’éviter de vous verser dessus des seaux entiers de formules et d’algorithmes, procédons par simplification. John Edmark n’est pas un prof de maths isolé dans sa grotte (il fait de la recherche en histoire de l’art et de design à Stanford), mais un excellent observateur de la nature. En analysant la faune et la flore qui l’entourent, il a remarqué (comme plusieurs personnes avant lui) une certaine répétition numérique et une harmonisation autour de ce qu’on appelle la suite de Fibonacci, qui se trouve adaptée par exemple, à la phyllotaxie si l’on parle de végétaux (disposition des feuilles sur la tige, mot compte triple, jackpot), bref les nombres que l’on trouve dans la nature.

Cette suite est très simple : c’est une suite de nombre entiers dans laquelle chaque terme est la somme des deux qui le précèdent -0,1,1,2,3,5,8,13,21 etc.. jusqu’à l’infini et au-delà. Cette récurrence s’observe tout le temps dans des exemples très simples : cyclones, galaxies, coquilles de mollusques, pommes de pin, tous ont un point commun la forme d’une hélice. Souvent associée au nombre d’or représentant une proportion idéale que l’on peut observer en architecture, dans la nature ou dans la musique, la combinaison des deux nous offre une certaine image de la beauté. Et c’est là que John Edmark entre en scène. Dans cette vidéo où tout est calculé, réfléchi et organisé, il puise dans cet héritage de l’esthétisme pour l’adapter à une technologie moderne : l’imprimante 3D et la capture d’images par faible obturation. Après avoir imprimé son objet en trois dimensions, le but de la performance va être de jouer sur la persistance rétinienne du spectateur, pour créer un sentiment de mouvement infini qui va pouvoir varier suivant la vitesse, le tout filmé selon l’angle d’or : 137,5°. Plus l’objet tourne vite, plus il va y avoir déformation, et donc une mobilité de l’image. Celle-ci reposant sur une sculpture reprenant un élément non crée par l’homme (fleur, cristal) pour rester dans cet esprit de « beauté naturelle ». Complètement hypnotisante, sa vidéo représente l’équivalent de 5% de son travail global sur l’optique et l’art. Ajoutons une musique zen par-dessus et un affichage en plein écran et l’on a 1min42 d’une déconnexion totale. Je vous invite fortement à aller sur son site pour y voir l’ensemble de ses expériences, avec parfois une qualité d’image atroce (dans son garage ou dans sa cuisine) mais on lui pardonne, il a commencé avec un bout de ficelle et un caméscope du Bigdil avant de passer à un matériel décent. Artiste à suivre !

Ps : Pour les curieux, voici le lien montrant les coulisses de l’expérience avec quelques explications de l’artiste.

Site de l’artiste
Lien de la vidéo

Crédits photographiques : John Edmark

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