FILFURY : Sneakers addict

C’est du côté de Birmingham, en Angleterre, que Filfury développe dans les 90’s une forme aigüe d’addiction pour les baskets. A une époque, lourdement influencée par un style de vie à l’américaine au sommet de sa puissance, le jeune homme va être, comme des millions d’européens, subjugué par ce qui va être perçu comme une révolution : la démocratisation de la basket. Sans faire une ode au vintage comme nous pouvons le voir sur à peu près tous les blogs de sapes, les années 90 représentent d’un point de vue technologique une avancée spectaculaire pour la mode.

Petit rappel qui illustre comment la basket et l’art sont liés depuis la fin des années 80 :
C’est à Paris que tout va se jouer. Devant Beaubourg, un certain Tinker Hatfield sort son carnet à dessin et commence à croquer une esquisse de basket totalement nouvelle. S’inspirant de la structure du Centre Pompidou, il décide lui aussi de dévoiler l’intérieur de sa basket, en ajoutant une bulle d’air traversant de part en part le talon. La Air Max venait de naître, on est à Paris en 1987.

C’est donc avec ces premières chaussures, et la culture anglo-saxonne, que Filfury installe son propre univers de création. Comprenant rapidement qu’il peut combiner son talent de graphiste, et sa passion pour les chaussures, afin d’obtenir des campagnes pour de grosses marques (Adidas, Nike, Reebok, Corona etc.), il s’investit totalement dans son travail, et devient précurseur d’un phénomène mondial autour des sneakers. Comme Tinker Hatfield, Filfury va poursuivre cette démarche à la fois technologique et visuelle autour des chaussures de sport, en restant dans cette dynamique de découverte, de surprise et de talent. Centrée autour des animaux, de l’anatomie et des armes (oui curieux mélange), il nous offre une réinterprétation d’images reconnaissables par tous, avec cependant un traitement de la matière différent. Un scarabée blanc, composé de morceaux de Stan Smith avec des parts de semelle sur la carapace, et des lacets comme antennes ; un Uzi Nike tout en tissu et en bulle d’air sur le chargeur, ou encore une raie Manta Adidas aussi sombre que déroutante. Voilà la clé du travail de Filfury : une fusion parfaite entre l’image mentale de l’objet, ou de l’animal, avec des morceaux parfaitement fondus de sneakers. Parfois difficiles à identifier, celles-ci ne font apparaitre qu’une pointe de logo, ou des couleurs que l’on peut associer facilement à un modèle très connu ; elles forcent le spectateur à se pencher sur les différents composants de la basket, à relever cette matérialité que l’on oublie parfois, pour faire de ces détails une base incroyablement riche pour les travaux de Filfury.

Utilisant des modèles de la fin des années 80 ou ceux de 2015, l’artiste propose une nouvelle façon d’apprécier la mode et l’art, en les combinant dans un certain minimalisme appréciable par tous ; on adore ! (Ps : on attend toujours la sortie de la Nike Marty Mac Fly…)

Site de Mr. Filfury

Crédits photographiques et sources : Filfury/ Sneakers Actu/Nike

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