Fleur de lys et manteau d’hermine : une vente royale chez Sotheby’s

Début juin, Sotheby’s annonçait au public la future mise en vente des oeuvres de la collection d’Henri d’Orléans, Comte de Paris et prétendant au trône de France et de son épouse, Isabelle d’Orléans-Bragance. Cette collection, unique par la nature de ses possesseurs recèle l’identité culturelle d’une des plus anciennes et célèbres famille de France.

La grande majorité des lots seront dispersés lors d’une vente publique, les 29 et 30 septembre prochain à Paris sous l’égide de la célèbre maison de vente aux enchères. Cette vente qui ne passe pas inaperçu dans le monde du marché de l’art attire bon nombre de curieux, et plus particulièrement le Ministère de la Culture. En effet parmi cette collection d’environ 200 lots, 3 sont classés monuments historiques et ne pourront donc pas quitter le territoire français. Pour ces lots l’État français dispose de nombreux recours pour permettre une acquisition plus simple : une priorité sur l’enchère, et certains mécanismes fiscaux permettant aux entreprises d’acheter et/ ou de participer à leurs entrés dans les musées français.

Cet ensemble d’oeuvres d’art venant directement des descendants de la famille des rois de France n’a cessé de voyager au gré de l’Histoire à travers l’Europe: en Angleterre à la fin du règne de Louis-Philippe, puis en Belgique au Manoir d’Anjou, jusqu’au Portugal. Elles n’ont pu retourner sur le territoire national qu’en juin 1950, lorsque la loi concernant l’exil des prétendants au trône de France a été abrogée.

Penchons nous un instant sur ce top 3 des « trésors nationaux » :

N°1 : le Portrait de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d’Orléans. Oui bienvenu dans l’univers des noms à rallonge. Réalisé par Élizabeth Vigée-Lebrun et présenté au Salon de 1789 ce portrait a tout de suite séduit le public par cette figure mélancolique, « au naturel » (une pose pas forcément guindée, un make-up léger pour l’époque et une tenue assez sobre). Ce tableau d’une facture exquise, est selon les experts un des symboles du déclin progressif de la société aristocratique à quelques mois de la Révolution.

N°2 : le Portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne peint vers 1639 sur une commande de Louis Phélypeaux, seigneur de la Vrillère, marquis de Châteauneuf et de Tanley, secrétaire d’État chargé des finances du royaume. Rien que ça. Louis XIII est représenté ici dans une armure étincelante et qui ne semble pas très pratique pour se mouvoir. Le regard est pénétrant, la pose se veut victorieuse et détachée, l’épée et le casque à portée de main histoire de rappeler que c’est bien le patron.

N°3 : le manuscrit des comptes du Château d’Amboise. Les quelques 300 feuillets en peau de vélin rassemblent les comptes entre les années 1495 et 1496 par les intendants financiers du roi Charles VIII pour la construction de son château, à Amboise. Tout y est: des coûts de maintenance, de construction à la décoration etc. Il permet aussi de mettre en évidence l’immense diversité des artisans, manufacturiers, artistes qui ont pu participer à la réalisation de ce projet, et d’avoir une idée globale de l’organisation d’un tel chantier pour cette époque.

En plus de ces trois mastodontes historiques, il y aura des tableaux anciens incarnant la vie royale (ceux de Lépicié ,de Carmontelle et Vernet), des aquarelles de François d’Orléans fils du roi Louis-Philippe, de la porcelaine de Sèvres, et même un carnet de dessins fait par le futur Louis XIV. On attend la vente avec impatience et on espère (vivement) croiser ce cher Stéphane Bern pour faire un remake de Secrets d’Histoire.

Crédits et sources photographiques : Sotheby’s/ Les Arts Décoratifs.

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