Fleur Pellerin oblige le musée d’Orsay à accepter les photographies

Lundi 16 mars dernier, la ministre de la Culture Fleur Pellerin se rend au musée d’Orsay pour assister à l’inauguration de l’exposition « Bonnard. Peindre l’Arcadie ». Comme à son habitude, elle ponctue chacune de ses activités ministérielles par une ou deux photos prises avec son téléphone et postées sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter.
Cette fois-ci, ce sont deux peintures de Pierre Bonnard, avec la mention « #Bonnard au musée d’Orsay ». Consciemment ou pas, elle déclenche alors un tremblement de terre dans l’univers très fermé des musées parisiens.

Jusqu’à présent, le musée d’Orsay interdisait, en effet, de prendre en photos des oeuvres, et ce pour des raisons essentiellement pratiques. Le flash affecterait l’état des toiles exposées, tandis que la prise de photo pourrait gêner d’autres visiteurs. Or, le musée d’Orsay était la dernière institution muséale française à continuer d’interdire les photographies dans son enceinte, malgré la mise en place de la charte « Tous photographes » en juillet 2014. Le texte, qui vise à encadrer « la pratique photographique et filmique dans les musées et les monuments », se veut une réponse à l’émergence des réseaux sociaux. Par le biais des photographies publiées par les internautes sur le web, les musées bénéficient ainsi d’une publicité mondiale et gratuite.

Alors, acte prémédité ou non ? Fleur Pellerin ne pouvait ignorer ni les panneaux rappelant l’interdiction de photographier à l’intérieur du musée, ni la charte qu’elle a participé à élaborer. Quoi qu’il en soit, dès le mercredi matin, une note interne diffusée «à la demande de la ministre de la culture et de la communication » indiquait la décision des musées d’Orsay et de l’Orangerie de lever l’interdiction de photographier dans leurs espaces. De cette manière, la charte « Tous photographes » s’applique enfin à tous les musées, sans exception. Reste que certaines conditions demeurent : ne pas utiliser de flash, de trépied ou de « perche à selfie ». Celle-ci avait déjà été interdite par le château de Versailles et par le Smithsonian. Des pictogrammes d’interdiction seront aussi apposés sous les oeuvres dont les prêteurs ne veulent pas qu’elles soient prises en photo, notamment dans les expositions temporaires. Alors, tous à vos smartphones !

Crédits : lemonde.fr

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