Food Porn & Food Art

Après les livres de David Burns (Food Porn for Food lovers) et de Chrissy Teigen (la femme de John Legend) sur le phénomène planétaire qu’est cette lubie de prendre en photo avec son smartphone des plats, une jeune artiste bouscule les codes. Mais comment définir cette mode simplement ? Voilà la recette : appliquer des filtres photographiques et des points de vue (gros plan, mise en scène, originalité des ingrédients) bien choisi pour valoriser comme un fétiche le plat en question afin de le rendre le plus attrayant possible. Une TRES grande majorité des lecteurs de ce post ont déjà de manière discrète, mais le plus souvent non, fait un instantané d’un bagel moelleux, ou d’un brunch sur une terrasse avec croissants dorés, jus d’orange bien frais avec une paille multicolore et des pancakes noyés sous le sirop d’érable. Je ne vous blâme pas sachez-le.

C’est le cas de notre artiste du jour : Tisha Cherry qui se sert des bases du food porn pour aller bien au-delà et l’élever au rang « d’art » avec des guillemets bien présents je précise. Mêlant photographie et micro-sculpture, elle détourne les icônes de la street-culture autour d’une série intitulée Art in the Eats (visible sur son compte Instagram avec le lien à la fin de l’article) avec une incroyable imagination. On retrouve ainsi dans ses très nombreuses photographies les sigles du Wu-Tang, Nike, Bape, Supreme (la liste est longue comme une nuit devant Louis la Brocante) tous identifiés comme des éléments caractérisant un ensemble très vaste de la culture nord américaine identifiée comme « street » mais qui finalement la dépasse. Les plus connus et les plus commentés sont effectivement autour des marques que j’ai cité plus haut, dû à la concision des articles traitant de sa série. Ainsi on peut voir des visuels avec les Simpson, des œuvres de Jeff Koons et son Balloon Dog, ou encore sur Halloween et les emblèmes un peu clichés de l’Amérique (rappeurs, grandes villes et vocabulaire spécifique).

Comme n’importe quel artiste/plasticien, ce qui fait la qualité du travail de Tisha Cherry ce sont la variété et la maîtrise des médiums utilisés et le lien qu’ils ont entre eux. Ainsi, la reproduction de ses visuels connus de tous, se fait sur un immense panel de formes et de matières : gâteaux, pizzas, cafés, légumes, viandes, fruits, liquides tous réunis autour de couleurs qui attirent l’attention du visiteur par une certaine unité visuelle. Finalement, l’humain est peu présent dans son travail, elle semble privilégier le contact direct avec l’œuvre plutôt qu’une mise en scène tournée autour d’elle-même ou avec des intervenants extérieur. Cela donne un rendu très tendance et assez agréable à regarder, et qui vous donnera peut-être des idées pour vos prochains repas !

Lien vers son compte Instagram
Crédits photographiques : Tisha Cherry

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