Frank Gehry : du début à aujourd’hui

Le Centre George Pompidou présente depuis le 8 octobre une rétrospective inédite sur Frank Gehry, l’un des architectes les plus en « vogue » du moment, puisqu’il est l’auteur de la Fondation Louis Vuitton inaugurée à Paris cet automne.

Ainsi, Beaubourg a profité de l’évènement pour présenter l’ensemble du travail architectural de Gehry depuis ses débuts.

L’exposition permet au visiteur de comprendre l’évolution de son langage plastique et artistique, à travers sa préhension de la structure urbanistique inscrite dans un contexte urbain : le visiteur constate sa maîtrise de l’insertion des volumes et des matériaux d’un bâtiment dans l’espace et l’environnement.
Cela permet de voir (ou revoir) la cinquantaine de projets qui ont fait le succès de l’architecte comme, entre autres, le musée Guggenheim à Bilbao (1997), le Concert hall pour Walt Disney (2003) ou encore les Beekman Tower à New York.

Une présentation de ses différents projets à travers de nombreux supports visuels

L’exposition s’ouvre sur une interview filmée de l’architecte star, avec différents dessins, des diaporamas photos ou encore des maquettes, qui ont permis de structurer et de mettre en oeuvre son raisonnement architectural.
Le spectateur peut également voir la transformation et la montée en puissance de Gehry dans le monde de l’architecture, puisqu’il va progressivement se séparer des promoteurs et des agences d’urbanisme, au profit des commandes de maisons individuelles ou d’ateliers d’artistes, dont la majorité sont issus de la Californie, avec entre autre Richard Serra ou encore Jasper Johns. Cela débouche, d’ailleurs, sur la construction de sa propre maison, « manifeste » de sa démarche urbanistique.

L’émergence d’un nouveau langage architectural

C’est donc la maison de Gehry qui a une importance sans précédent dans tout son travail d’architecte. Il va en effet construire une extension autour d’un pavillon typique de l’architecture californienne. Qu’est-ce qui en fait donc une spécificité ? C’est l’utilisation de matériaux pauvres, tels la tôle ondulée ou encore le bois, qui permettent l’expression d’un langage unique.
On voit également à travers cette maison « atypique » ses inspirations dont celle de Johnson, l’auteur du « One Room Building » où l’autonomisation de chaque pièce du lieu d’habitation, rend ainsi le bâtiment hétérogène.
Avec la « Winton Guest House », maison d’un couple de collectionneurs, Gehry base sa réflexion autour de l’espace utilisé entre les volumes.

Vers le retour d’un travail manuel ?

Non, Frank Gehry n’est pas un artisan, non il ne construit pas ses bâtiments avec la force de ses mains. Néanmoins, l’homme rejette explicitement le travail informatique, et ce malgré la numérisation de ses projets.
C’est en effet l’ordinateur qui dénature l’œuvre puisque la machine est « sans vie, froide, horrible » : celui-ci précise clairement que l’ordinateur ne doit pas travailler à notre place, mais qu’il doit être « au service de la créativité ».

Ainsi, avec cette rétrospective, on comprend plus facilement la démarche architecturale de l’artiste, en particulier celle qui concerne la Fondation Louis Vuitton, ou encore son projet du Louvre à Abu Dhabi.
Néanmoins, plusieurs questions se posent : quand on revoit la Fondation Louis Vuitton, certains amateurs d’architectures ne voient ici qu’une apologie de la société de consommation.
Le bâtiment ne serait en effet, que la représentation d’une publicité géante de la marque de luxe. Les voiles du bateau seraient la métaphore du voyage… et donc des sacs pour voyager.
Autre problématique : malgré les coups de génie de Gehry on finit par se demander s’il ne pose pas, comme d’autres architectes stars mondialisés, un geste architectural uniforme, sans lien avec les territoires et leur passé, participant ainsi à une uniformisation globale.

La fondation Louis Vuitton présentera en tout cas une exposition complémentaire avec le Centre George Pompidou sur l’architecte.
Rendez-vous dans un prochain article…

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