Gail Albert Halaban : The girl next door

Véritable phénomène viral sur le web en ce moment, le dernier travail de l’artiste américaine déchaîne les passions autour du thème du « voyeurisme consenti ». Habituée à photographier à la fois l’architecture urbaine et les personnes du quotidien (voir les séries This stage of Motherhood , et Out my Window) elle nous montre à présent l’intimité de nos chers parisiens. Paris, dont les immeubles aux larges façades, propose au visiteur un spectacle vivant sans fin tout au long de la journée. Les personnes ne se calfeutrant pas chez elles, il est facile -et tout le monde l’a déjà fait soyons clairs- d’observer d’un œil distrait l’activité parfois surprenante des habitants de notre quartier. Scènes de ménages, cuisine, travail, repassage, sexe, tout y passe. Comme des dizaines de postes télévision empilés les uns sur les autres, la photographe nous offre des fragments de vie à la fois banals et curieux qui nous caractérisent tous. Reprenant l’idée du « voyeurisme » de ce cher Alfred dans Fenêtre sur Cour , mais aussi de Window Watching de Michael Wolf, lequel proposait le même thème mais à Hong Kong, sans oublier Arne Svenson et sa série Neighbors, on peut se demander quel est l’intérêt de refaire un travail similaire. Juste pour Paris ? Parce-que chez nos voisins d’outre-Atlantique Paris reste une valeur sûre dans l’art ? Franchement c’est une histoire de buzz.

Dommage que ce travail apparemment subversif, soit autant dans les « clous » ; les personnes ont été prévenues et ont donné leur accord, donc, zéro transgression artistique, contrairement aux autres. Elle tient à souligner qu’elle prend aussi en compte le décor global des immeubles et ne se focalise pas uniquement sur les habitants. Faible argument quand on pense que les toits de Paris, c’est peut-être mignon sur un Tumblr d’adolescente new-yorkaise, mais c’est un classique devenu presque cliché. Alors oui, le traitement des visuels est soigné, les différents champs visuels sont marqués, on sourit devant les pauses des habitants et de ces scènes qui nous rappellent notre quotidien. J’ai envie de dire « Et après ? ». Après , il n’y a pas grand-chose, les autres blogs ne vont pas plus loin que « c’est LE livre qui fait bander internet » (Time Out) et « le commun devient ici extraordinaire » (Konbini). Bilan de l’analyse (pour moi) : un projet sympa mais faible dans sa recherche, un objectif de vente à peine caché (le livre coûte 79€ sur Amazon et il est présenté comme un incontournable de Noël), des références mainstream et aucune valeur ajoutée par rapport aux autres si ce n’est que pour une fois c’est pas New York mais Paris. Rien ne vous empêche à présent d’aller voir le reste de son travail sur son site qui pour le coup vaut le détour !

Site de l’artiste
Crédits photographiques : Gail Albert Halaban.

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