Giorgio Moroder, crépuscule d’une idole ?

Il y a, souvent, quelque chose de touchant, de presque viscéral a assister au déclin d’un être admiré. Ce moment, tristement fameux, où le piédestal se fend subitement et où, telle une énorme claque qui viendrait vous réveiller en plein sommeil, on s’aperçoit que cet homme, cette femme qui semblait au sommet de l’Olympe a brusquement chuté au plein milieu de la plèbe. Zidane et son coup de tête, le Denzel Washington post-American Gangster, ou encore l’immense Giorgio Moroder et son album « Déjà vu », sorti le 12 juin dernier.

La simple évocation de son nom, Giorgio Moroder, vous donne accès à un pan considérable de l’histoire de la musique du XXe siècle. Tour à tour compositeur et/ou producteur de Bowie, Eurythmics, Blondie, Freddie Mercury, Blondie ou plus récemment Daft Punk, l’Italien est également derrière les cultissimes Hot Stuff, Love to Love You Baby et I Feel Love de la regrettée Donna Summer. On le retrouve également aux manettes musicales de Midnight Express, American Gigolo, ScarfaceMetropolis de Fritz Lang, entre autres. Réel monument de la musique dance et pop, Moroder nous a fait attendre 30 ans (nous n’étions pas nés) pour revenir avec un album sous son nom et plus en producteur acharné et surdoué.

Sur cet album, « Déja Vu », on retrouve, Charlie XCX, Sia, Kylie Minogue, Britney Spears, Kelis et la liste continue. Rien qu’à la lecture des artistes qui ont collaboré, la touche pop est clairement mise en avant. Giorgio Moroder dans sa zone de confort, il y avait de quoi se frotter les mains. Hélas, l’homme semble avoir perdu son mojo en composant cet album. Le son n’est plus visionnaire, mais ressorti de la période trance allemande. Les reines de la pop semblent perdues dans les sons du DJ et les vocodeurs sont de sortie. On se croirait perdu au milieu de la piste d’un mauvais club du Berlin des années 90 filmé par un mauvais réalisateur des séries d’AB Productions qui aurait lui-même fait la mise en musique de la scène. Le constat peut être rude, mais Giorgio Moroder a montré un visage décevant sur un album très attendu.

Après avoir connu le succès sur « Random Access Memories » des Daft Punk et en annonçant la production des futurs Lady Gaga, on se dit que le génie italiens n’a pas perdu tout son savoir faire. Ou du moins, on l’espère, car le crépuscule de cette idole musicale serait une bien sale histoire pour ce milieu qui lui doit tant.

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