Goal ! Ou la saga inachevée

En ces temps où l’Euro bat son plein, arrêtons-nous un instant et jetons un œil sur ces films, ou documentaires, qui ont prouvé que le foot avait sa place sur les terrains et dans les arts.

Le pari de mettre à l’écran une intrigue sportive (qu’elle soit réelle ou fictive), est toujours très risqué. La raison de cette réalité est simple. Lorsque l’on parle de film sur le football, l’équipe doit composer avec les attentes cinématographiques du public, mais aussi, et surtout, avec l’attitude terrible des fans de ce sport (en plus du fait qu’il s’agit du sport le plus populaire du monde). Malgré cela, plusieurs essais ont vu le jour. 

Dans les mémoires récentes, c’est la saga Goal qui a réussi à se démarquer en offrant une sorte de mélodrame sportif. La série a débuté en 2005 pour se terminer timidement en 2009. Malgré un postulat de départ intéressant, le développement de l’intrigue n’a pas su tirer tout l’avantage que représentait ce joli sport qu’est le football. Voici les points à retenir de cette saga : 

Le pitch :

Goal est une trilogie. Dans l’ordre de sortie voici les films, Goal ! : Naissance d’un prodige (en 2005), Goal 2 : La consécration (2007) et Goal ! 3 : Taking on the world (2009). L’intrigue suit la vie d’un jeune footballeur mexicain répondant au nom de Santiago Munez (campé par Kuno Becker). A l’âge de 10 ans, ce dernier a passé clandestinement la frontière américaine pour vivre à Los Angeles, étant accompagné de sa famille. Malheureusement, cette nouvelle vie est bien plus difficile que prévu, et Santiago doit composer avec deux emplois pour espérer survivre. Sa passion du foot est néanmoins intacte et il la vit en effectuant des petits matchs amateurs. Un jour, Munez rencontre Glen Foy, ex-star du club Newcastle United. Ce dernier lui propose alors un essai au sein de l’équipe de réserve du club. C’est le début du rêve pour Santiago. Un rêve qui le mènera de la banlieue Anglaise à la Coupe du monde 2006, en passant par la fameuse institution du Real Madrid. Mais aussi, ce rêve donnera au jeune mexicain de lourdes responsabilités qui affecteront à jamais sa vie…

Les points forts :

La saga bénéficie de l’apport non négligeable de la Fifa. Ainsi le tournage se déroulait au cours de vrais matchs, qui pour l’occasion étaient interrompus pour laisser place au casting. De plus, nous avons droit à quelques caméos prestigieux, dont celui de notre Zinédine Zidane national (même s’il ne dure que 10 secondes). Les personnages principaux étaient donc mêler aux vraies stars du ballon rond. L’accord avec la Fifa était une bénédiction pour le film, notamment d’un point de vue matériel (infrastructures, stades…).

En plus de cela, l’histoire nous permet de découvrir l’envers du décor. Le message donné par la saga est que pour devenir une star, le talent ne suffit pas. Dans le cas de Santiago, c’est une question de chance (sa rencontre avec Glen Foy est le fruit du pur hasard), ensuite c’est grâce à son entourage, et ce n’est qu’après tout ça, qu’il est « sauvé par son talent ». Ce cheminement est important car il montre que les joueurs de football sont des êtres humains comme nous, qui ne sont pas forcément bien conditionnés à faire face à la célébrité, et donc aux critiques (car on oublie que les critiques émanent souvent des milieux journalistiques, ou politiques, qui sont bien plus armés en termes de communication et de gestion de l’image publique).

Goal se pose comme un ambassadeur du football pour les personnes issues des quartiers défavorisés. Pour faire simple, c’est l’histoire d’un jeune immigré qui met tout le monde à ses pieds de par son talent. Ce génie doit, dans le même temps, avancer avec ceux qui veulent le voir échouer car le football c’est, aussi, du business !

Les points à revoir : 

Malgré une bonne intrigue, les trois films composant la saga n’abordent qu’en surface certains thèmes. Par exemple, les diverses intégrations de Santiago Munez au sein de grandes équipes comme le Real Madrid ou Newcastle semblent trop faciles. C’est bien dommage car ce simple défaut fait perdre de la profondeur à la trilogie.

Mais aussi, les réalisateurs des différents  films n’ont pas su capter l’essence du match de foot, et nous voyons très souvent que les diverses séquences sont le fruit d’effets spéciaux. Cela est bien dommage surtout quand on voit que Danny Cannon (producteur de la série Gotham), et Jaume Collet-Serra (Night Run), se sont retrouvés derrière la caméra.

Enfin, et c’est le gros problème de Goal, la gestion catastrophique du troisième opus. Alors que les deux premiers offraient une certaine cohésion au spectateur, le dernier jette tout aux oubliettes pour ne garder que Santiago Munez, dans un rôle secondaire qui plus est ! C’est bien triste, et ça gâche tout l’intérêt de la saga. Dans Goal 3, nous sommes témoins d’une baisse conséquente du budget de production, donc plus de caméos de stars ni de grosses infrastructures. A la place nous avons le droit à des images officielles de la presse, des nouveaux personnages sortis de nulle part et une intrigue qui n’a rien à voir avec ce que l’on attendait. En bref, c’est une sortie ratée. Mais bon, il y a tout de même une petite explication à cela, et c’est bien sûr celle du box-office. Alors que le premier Goal avait engrangé plus de 27 millions de Dollars dans le monde, le second n’a rapporté que 7 millions de Dollars pour un budget de 10 millions de Dollars. Une réalité qui a sans doute freiné les producteurs menant au bridage de Goal 3

Notre conseil 

Goal est une saga correcte et classique. Il n’est pas indispensable de la visionner entièrement. Honnêtement les 1 et 2 suffisent et pour aller plus loin, arrêter vous au premier opus. En tout cas pour apprécier ces films, il faut aimer le ballon rond. Finissons avec cette petite scène où le coach dit à Santiago de privilégier le collectif car le foot c’est en équipe, et si vous aimez trop votre personne faites du tennis ou des sports de combats… 

« Le ballon avance plus vite que toi. Ici on le fait tourner tu saisis ça ? C’est un groupe, pas un One man show ». Phrase du coach envers Santiago Munez 

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