Gone Girl de David Fincher (2014) – La revanche d’une blonde

Amoureux depuis cinq ans, Nicholas et Amy Dunne forment un couple parfait. En apparence seulement car le jour de leur anniversaire de mariage, Amy disparaît. Commence alors une longue enquête pour la retrouver, dans laquelle Nick est le suspect numéro 1. Est-il réellement coupable ?

Injustices, mensonges, trahisons… Le spectateur n’est pas au bout de ses surprises dans ce nouveau Fincher adapté du roman de Gilian Flynn (qui est aussi scénariste), Les Apparences. On retrouve l’esthétique épurée, la mise en scène ultra maîtrisée chères au réalisateur, mélangées à un humour noir et grinçant qui rappelle diablement Fight Club. La bande-originale, omniprésente sans être envahissante (parfaite en somme), ajoute une dimension inquiétante, digne d’un film de Lynch qui fait planer le mystère et augmente le suspense.

Si l’on peut penser que c’est un film sur une banale enquête policière, il n’en est rien ; c’est en réalité le récit d’une vengeance. Vengeance d’un homme sur une société rongée par le pouvoir des médias sur l’opinion publique, vengeance d’une femme sur cette institution de désillusions qu’est le mariage… Cette dimension rappelle étrangement le Mulholland Drive de David Lynch, virulente critique du star system hollywoodien ou encore Effets Secondaires de Steven Soderbergh, vaste entreprise de manipulation entreprise par deux femmes.

Concernant le casting, Fincher réussit une fois de plus à s’entourer d’acteurs/actrices impeccables : Rosamund Pike tient vraisemblablement le rôle de sa vie et Neil Patrick Harris excelle en « fils-à-papa » naïf mais néanmoins inquiétant, à des années-lumière de Barney Stinson, drôle et décalé dans How I Met Your Mother, série américaine à succès.
On ne sort pas indemne de cette plongée dans les noirceurs de l’âme humaine et Fincher signe ici un véritable chef d’œuvre.

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