Historique de la caricature hommage aux victimes de Charlie Hebdo

Après les terribles attaques contre l’hebdomadaire Charlie, la France et le monde entier sont en larmes. Des atrocités telles que celles d’hier matin n’auront jamais une réponse rationnelle. Ceci dit, l’équipe d’Art/ctualité a décidé de faire un petit historique de la satire en hommage aux victimes de l’attaque mercredi matin.

La caricature en France représente plus qu’une opinion individuelle, elle est un symbole de la liberté d’expression et des valeurs révolutionnaires. Elle a vu sa genèse depuis le Moyen Âge et continua à évoluer pendant le XVIème siècle ; le site internet « histoire pour tous » affirme que le grand Léonard de Vinci a cimenté les bases pour ce type de dessin acide. Cependant, c’est vers la fin du XVIIIème siècle que la caricature acquiert son importance, lors de la révolution française elle servit de moyen de contestation et influença les esprits de l’époque. Pendant l’empire de Napoléon Ier elle fut bannie et condamnée de manière virulente, mais revint pendant la monarchie de juillet en 1830. Ici la caricature est revenue en force et contribua de manière active à démanteler la popularité du roi Louis-Philippe. Le journal La caricature, publia sous la direction d’Honoré Daumier le dessin « Les Poires » où l’on peut voir la transformation du visage du roi en poire. Ce dessin témoigne de la dégradation de l’image du dirigeant et affirme le rôle contestataire de la caricature. Tout au long du XIXème siècle, la caricature se perpétue et s’enracine dans la société française, devenant un symbole incontestable de l’identité française et de ses valeurs. Au moment de la grande guerre elle perd son poids, dû à l’arrivée de la photographie et des magazines tels que Le Miroir, Sur le vif et L’illustration, les lecteurs préférant les images « véridiques » que l’imagination des dessinateurs. Or, la caricature continua à paraître dans la presse écrite, et à critiquer les décisions et les prises de posture des gouvernements, corroborant de cette manière son pouvoir au sein de la société, et mettant bien en haut le drapeau de la liberté.

La date de la mort du général De Gaulle -9 novembre 1970- une satire mordante du défunt est apparue créant une controverse autour des limites de l’humour et sur la liberté d’expression. L’hebdomadaire responsable de cet acte fut « Hara-Kiri » mot japonais qui désigne l’acte de s’éventrer, perpétré par les guerriers samurais pour avoir une mort digne. Hara-Kiri fut interdit et c’est ainsi qu’est né Charlie Hebdo. Depuis les années soixante-dix, l’hebdomadaire a soulevé des passions, et a fait couler beaucoup d’encre par les caricatures qu’il publie, se moquant de tous et de n’importe qui.
On comprend mieux pourquoi les attaques ont tellement touché la population française : il ne s’agit pas uniquement des dessinateurs, mais des personnes qui, à travers leur travail, dénoncent haut et fort les abus des gens qui détiennent le pouvoir depuis plusieurs siècles. Les caricaturistes ont toujours eu une place active dans la société française, et en dépit de la mort des dessinateurs de Charlie Hebdo, leurs voix vont continuer de retentir, pour donner force à ceux qui ne l’ont plus, par le biais du rire.

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